Caban homme

Man in navy coat walking with leather briefcase on cobblestone street

En 2013, dans mon guide du style casual chic, j’écrivais une phrase toute simple : « Conservez votre caban bleu, noir ou vert olive. » Treize ans ont passé, les tendances ont tourné comme des girouettes, et je n’ai pas changé une virgule. Le caban est le manteau le plus sous-estimé du vestiaire masculin. Tant mieux pour ceux qui le portent.

Pendant que la moitié de la ville s’emmitoufle dans des doudounes qui donnent à tout le monde la silhouette d’un sac de couchage, lui continue sa route. Double boutonnage, grand col qu’on relève, drap de laine dense : il tient chaud, il structure les épaules, et il passe du jean au pantalon de flanelle sans changer d’avis. Voici ceux que je conseille, et comment ne pas se tromper. Les autres manteaux ont leur page : les meilleures marques de manteaux pour homme.

Sélection mise à jour en octobre 2026.

Sur cette page

Mais qui est derrière cette sélection ?

Moi, Arnaud Chanteloup. J’ai fondé Verygoodlord en 2012, un média indépendant consacré au style masculin. Les cabans de cette page, je les ai choisis pour leur drap, leur coupe et leurs finitions, prix vérifiés chez les marchands. Une adresse à me suggérer ? Écrivez-moi.

Certains liens de cette page sont affiliés : si vous achetez, je touche une petite commission, sans surcoût pour vous. Certaines marques sont des partenaires, mais ça ne change rien à mon avis.

Arnaud Chanteloup, fondateur de Verygoodlord

Trois cabans pour commencer

Pour les pressés, un par budget : le caban de ville d’une jeune maison parisienne, le classique breton qui coche toutes les cases, et un drap d’un kilo au mètre carré pour ceux qui veulent un vrai manteau de pont. Prix relevés chez les marchands en octobre 2026.

Caban Brampton d'Octobre Éditions en laine bleu marine

OCTOBRE ÉDITIONS

Caban Brampton

Le plus accessible des trois, et pas le moins bien né : drap tissé et teint en Italie, doublure en viscose plutôt qu’en polyester. À 540 g/m², il est plus léger qu’un drap de pont, donc c’est un caban de ville, facile à enfiler sur une veste.

75 % laine, 25 % polyamide, doublure viscose, confectionné en Ukraine

335 €

Caban marin Cap Sizun d'Armor-Lux en drap de laine bleu marine

ARMOR-LUX

Caban marin Cap Sizun

Le caban de la maison de Quimper, en drap de pure laine, avec une coupe un peu plus actuelle que chez les puristes normands. Si vous ne devez en acheter qu’un et que vous ne voulez pas réfléchir trois semaines, c’est lui. Du 38 au 54.

100 % laine, doublure 100 % polyester

369 €

Caban 1938 de Pike Brothers en laine vierge bleu marine

PIKE BROTHERS

Caban 1938

Un drap de laine vierge de 1 000 g/m², tissé au Portugal : c’est presque le double du Brampton. Col Ulster, boutons à ancre, taille légèrement évasée, on est dans la réplique de caban militaire. Pas le plus léger à porter, le plus chaud de la page à ce prix.

100 % laine vierge, drap de 1 000 g/m², fabriqué au Portugal

439 €


Les marques de cabans à connaître

Seulement des maisons qui font de vrais cabans, en drap de laine, rangées en trois familles. Les € donnent l’ordre de prix, d’un (moins de 400 euros) à trois (plus de 600).

Les cabans de marins, à la française

Saint James 🇫🇷

€€ · France

La maison normande, née en 1889 dans la commune du même nom. Son Galion en drap pure laine est confectionné dans ses ateliers de la Manche. Le caban des puristes.

Chez Saint James

Armor-Lux 🇫🇷

€ · France

Fondée à Quimper en 1938. Deux cabans en pure laine, le Cap Sizun en bleu marine et le Kermor en gris chiné. Voir aussi ma fiche Armor-Lux.

Chez Armor-Lux

Le Minor 🇫🇷

€€€ · France

Son caban, au catalogue depuis plus de quarante ans, est cousu à Guidel, en Bretagne, dans un drap de Jules Tournier. Mon test de la maison.

Chez Le Minor

Le Glazik 🇫🇷

€€ · France

Un atelier breton de vêtements marins, qui consacre toute une collection au caban.

Chez Le Glazik

Les cabans d’uniforme, anglais et américains

Gloverall

€€ · Angleterre

Plus connu pour ses duffle-coats, mais ses peacoats sont coupés et cousus près de Londres. Le Churchill est en Melton de 750 g au mètre.

Chez Gloverall

Schott NYC

€€ · États-Unis

Un des fournisseurs de la marine américaine pendant la Seconde Guerre mondiale. Son 740 en Melton de 32 oz est toujours fabriqué aux États-Unis.

Chez Schott

Private White V.C.

€€€ · Angleterre

Le Manchester Peacoat, fait main dans l’usine de la marque à Manchester. Pour les amateurs de pièces d’exception.

Chez Private White V.C.

Pike Brothers

€€ · Portugal

La marque des répliques vintage, et son caban 1938 en drap de 1 000 g/m².

Chez Monsieur Cam

Les cabans de ville

Octobre Éditions 🇫🇷

€ · Italie et Ukraine

Le Brampton, drap italien et doublure viscose, à 335 euros. Ma fiche Octobre.

Chez Octobre

Hast 🇫🇷

€ · France

Un caban marine en laine de 750 g, entièrement doublé, à 365 euros.

Chez Hast

Suitsupply

€€ · Pays-Bas

Une lecture tailleur, en drap Botto Giuseppe avec une part de cachemire. Celui qui va le mieux sur un costume.

Chez Suitsupply

Fursac 🇫🇷

€€€ · France

La version parisienne et habillée : larges revers, poches passepoilées, laine et cachemire.

Chez Fursac

Et pour tous les autres manteaux, du duffle-coat au pardessus : les meilleures marques de manteaux.


Ma sélection de cabans homme par budget

Les trois du haut de page restent mes premiers choix. Voici tous les cabans que je regarderais ensuite, rangés par prix, avec le lien direct vers chacun. Prix relevés en octobre 2026.

Moins de 400 euros

En dessous de 200 euros, les grandes enseignes vendent des mélanges laine et polyester qui tiennent deux hivers. À ce prix, un caban de surplus en bon état trouvé en friperie bat presque toujours le neuf. Le vrai premier prix sérieux commence vers 330 euros.

De 400 à 600 euros

Le cœur du marché sérieux. Si vous ne deviez acheter qu’un caban, ce serait dans cette tranche, et avec un peu d’entretien il vous fera dix hivers.

Plus de 600 euros

Au-dessus, on paie un drap plus noble, une confection plus fine, parfois une fabrication artisanale locale. Soyons honnêtes : l’écart entre un bon caban à 450 euros et un excellent à 900 est moins spectaculaire que celui qui sépare un caban à 100 euros d’un caban à 450. C’est un plaisir, pas une nécessité.


L’histoire du caban : des pirates à la Marine nationale

Avant d’être un vêtement de ville, le caban a été un vêtement de travail, et pas pour le plus confortable des métiers : celui des marins de quart. Chacun de ses détails vient de là.

Le mot français vient de l’arabe qabā’, un vêtement de dessus : on raconte que les navigateurs européens l’ont emprunté aux pirates barbaresques, avec la petite cape qui allait avec. L’anglais peacoat, lui, viendrait du néerlandais pijjekker : pij pour le drap de laine bleu et grossier, jekker pour la veste courte et lourde. Le mot « pea-jacket » est attesté depuis au moins 1717. Un manteau des mers froides baptisé d’un mot méditerranéen, la langue a de l’humour.

En France, le caban apparaît pour la première fois dans une lettre du ministre de la Marine en 1845 et entre officiellement dans l’uniforme en 1848, avec une rangée de dix boutons frappés d’une ancre. Il remplace le paletot en 1874, raccourcit au fil des décennies, et reste le manteau d’hiver des matelots, pas des officiers. Ces messieurs portent le reefer : même coupe, boutons dorés.

De l’autre côté de l’Atlantique, l’US Navy taille ses cabans dans du Kersey, une laine bleu marine dense et peu traitée, qui garde sa lanoline et donc sa résistance à l’eau. Il cède la place au Melton dans les années 1970. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Schott, à New York, fait partie des fabricants qui fournissent la marine américaine, et la maison produit toujours son 740.

Le caban quitte les ports pour de bon dans les années 1960 et 1970, porté par les étudiants, les musiciens, puis le cinéma : Robert Redford en fait presque un personnage dans Les Trois Jours du Condor (1975). Et contrairement à tant de pièces militaires passées à la mode, il n’a presque pas été retouché. Les modèles actuels ressemblent furieusement aux originaux. Preuve que le dessin était juste dès le départ. Le reste de l’héritage est dans mon dossier sur le style marin et celui sur la marinière.

Les codes d’un caban digne de ce nom

1 | Le double boutonnage. La signature

Le croisement crée une double épaisseur de drap sur la poitrine, là où le vent frappe. Les boutons, souvent six ou huit, sont larges et frappés d’une ancre. Sur les cabans d’inspiration militaire, on peut boutonner d’un côté comme de l’autre : pratique pour tourner le dos au vent, quel que soit le bord.

Col et boutons à ancre du caban Galion de Saint James en drap de laine bleu marine
Grand col et boutons frappés d’une ancre : le Galion de Saint James

2 | Le grand col. Relevé, c’est mieux

Large, presque surdimensionné. Relevé, il protège la nuque et le bas du visage ; rabattu, il encadre les épaules et donne au caban cette allure un peu martiale qui le rend si reconnaissable.

3 | Le drap. Il doit peser dans la main

Le caban se taille dans un drap de laine foulé et feutré, si serré qu’il coupe le vent et laisse glisser une pluie légère. Les marques sérieuses en donnent le poids : 540 g/m² pour le Brampton d’Octobre, 750 g au mètre pour le Churchill de Gloverall, 1 000 g/m² pour le Pike Brothers, 32 oz pour le Schott. Plus c’est lourd, plus c’est chaud, et plus ça dure.

Ma règle : au moins 70 % de laine. En dessous, vous perdez ce qui fait l’intérêt du caban. Un peu de polyamide, comme chez Octobre ou Schott, n’est pas un défaut : il rend le drap plus résistant à l’usure. Le cachemire le rend plus doux, plus léger, et plus fragile.

4 | La longueur. Aux hanches

Le caban s’arrête aux hanches, au plus haut de la cuisse. C’est ce qui le sépare du pardessus ou du trench. En ville, cette longueur a un avantage : elle ne noie pas la silhouette. En 2017, je le conseillais déjà aux hommes de petite taille, justement parce qu’il délimite bien le buste et les jambes.

Comment choisir son caban

Un caban se juge en cabine d’essayage plus que sur une fiche produit. La coupe est structurée, le drap épais : une erreur de taille se voit à dix mètres.

1 | Les épaules. Non négociable

La couture doit tomber au bout de l’épaule, pas un centimètre plus loin. Un caban trop large d’épaules ne se retouche pas proprement, n’espérez pas de miracle chez le retoucheur. Enfilez-le ensuite sur un pull ou une surchemise : c’est un manteau d’hiver, il doit accueillir une couche dessous. Boutonnez, levez les bras. Si le dos tire comme une voile par vent arrière, c’est trop petit.

2 | La coupe. Droite, un peu près du corps

Trop ajusté, le caban perd son caractère et sa fonction, adieu le pull dessous. Ample, il peut marcher dans un registre workwear assumé, mais c’est plus délicat. Grand et mince, une coupe droite vous structure naturellement. Plus trapu, évitez les modèles trop courts qui coupent la silhouette.

3 | Les finitions. Retournez-le

Une doublure en viscose ou en cupro glisse mieux sur un pull et respire davantage qu’un polyester fin et bruyant. Les boutons doivent être épais, bien cousus, avec un pied de fil. Un bouton plat et léger trahit une économie. Les petits plus qui changent la vie : des poches intérieures zippées, comme sur le Galion, ou des pattes de serrage au poignet.

Détail du caban en laine marine Hast, drap dense et boutons
Un drap dense et des boutons bien cousus se jugent de près : ici le caban Hast

4 | La couleur. Bleu marine, puis on verra

Le bleu marine est la couleur historique et la plus polyvalente. Le noir est plus urbain, plus habillé. Le gris anthracite fait un bon compromis, le gris chiné du Kermor aussi. Les teintes claires sont superbes mais salissantes : gardez-les pour un deuxième caban. Pour accorder le tout, il y a mon guide des couleurs.

Comment porter un caban

Le caban est un des rares manteaux à marcher dans presque tous les registres. C’est sa force, et parfois son piège : à force de tout permettre, on finit par hésiter.

Le week-end, caban marine, pull col rond gris chiné ou écru, jean bien coupé, boots en cuir. Pas de chemise, pas de cravate, le pull suffit. Ajoutez un bonnet et une écharpe bien nouée, et vous voilà prêt pour une promenade sur la digue.

Au bureau sans costume, on monte d’un cran : chino gris, chemise Oxford ou chemise blanche col ouvert, derbies. C’est là que le caban excelle. Il remplace avantageusement une doudoune, trop sportive, sans avoir la solennité d’un pardessus. Caban marine, écharpe bordeaux, chino gris : difficile de rater.

Sur un costume, oui, ça se fait. C’est un manteau d’uniforme, après tout. Choisissez-le bien ajusté, dans un drap un peu plus fin, et vérifiez que la veste ne dépasse pas sous l’ourlet. Attention au bleu sur bleu : un caban marine sur un costume marine d’une autre nuance, c’est l’assurance d’avoir l’air de s’être habillé dans le noir. Prenez-le noir, anthracite, ou marron comme le Suitsupply.

Et si le caban vous tient encore trop chaud en octobre, il a un cousin de mi-saison : le blazer croisé, qui descend lui aussi du vestiaire des marins. Celui de Figaret, la veste croisée Philippe à 465 euros, est en drap italien laine et cachemire.

Entretenir son caban

Règle numéro un : pas de machine. Le drap de laine ne supporte ni l’agitation ni la chaleur, et vous récupéreriez un caban feutré taille douze ans. Brossez-le avec une brosse en crin, dans le sens du drap, aérez-le sur un cintre large après usage, traitez les taches localement en tamponnant avec un chiffon humide. Le pressing, une fois par saison, pas davantage, et toujours avant de le ranger pour l’été : les taches invisibles attirent les mites.

Même un beau drap bouloche aux endroits de frottement, sous les bras ou autour des boutons. Ce n’est pas un défaut, c’est de la laine. Un rasoir anti-bouloches ou un peigne à cachemire règle la question ; tirer dessus avec les doigts abîme la fibre. Et les boutons, très sollicités par le double boutonnage, sont les premiers à lâcher : recousez-les avec un pied de fil, ou confiez l’affaire à un bon retoucheur.


Caban homme : vos questions

Un caban est-il assez chaud pour l’hiver ?

Oui, s’il est taillé dans un drap de laine dense. Il coupe bien le vent et, avec un pull en laine dessous, une écharpe et des gants, il couvre sans peine un hiver parisien. Pour des froids plus secs et plus durables, une doudoune ou un manteau long prendront le relais.

Quelle différence entre un caban et un peacoat ?

Aucune. « Caban » est le mot français, « peacoat » le mot anglais, pour le même manteau court à double boutonnage hérité de la marine.

Quelle différence entre un caban et un duffle-coat ?

Le duffle-coat ferme par des brandebourgs et porte une capuche ; le caban ferme par un double boutonnage et un grand col. Le duffle-coat a son guide : le duffle-coat homme.

Comment reconnaître un caban de qualité ?

Au moins 70 % de laine, un drap qui pèse dans la main, des boutons épais cousus avec un pied de fil, et une doublure en viscose ou en cupro. Retournez-le : les coutures intérieures en disent long.

Quel budget prévoir pour un bon caban ?

Comptez de 335 à 400 euros pour un bon caban de ville en laine, de 400 à 600 euros pour un drap de pont qui durera dix ans, et bien davantage chez les maisons artisanales anglaises.


À lire ensuite

Commencez par un caban bleu marine, portez-le sans ménagement, brossez-le avec soin. Dans dix ans, il aura pris un peu de patine et rien perdu de son allure. Les doudounes, elles, auront changé trois fois de couleur.

À bientôt, Arnaud