Comment choisir un pull pour homme ?

hudson olive speckled look

Avant chaque voyage à l’étranger, j’adore imaginer quelle serait ma valise idéale. J’aime l’idée d’emporter des pièces triées sur le volet, qui s’adapteront autant aux conditions climatiques locales qu’à mes envies vestimentaires. En 2020, ma sœur et moi avons eu la chance de partir pour un road-trip de cinq jours en Écosse, sur les traces de Robert The Bruce, Robert Burns et Robert Louis Stevenson. Oui je sais ça fait beaucoup de Robert. Au programme : un itinéraire qui nous a mené d’Édimbourg au parc national des Cairngorms, de la baie de Spey à la vallée de Glencoe, en achevant notre périple par une visite du château de Stirling, sans doute l’un des plus beaux d’Europe. Quelques semaines avant le départ, je me suis rendu compte que, si la pluie n’était plus un problème grâce à ma fidèle Patagonia Torrentshell 3L, je n’avais pas de pull de qualité pour me maintenir au chaud et me protéger de l’humidité. C’est en faisant mes recherches que j’ai trouvé mon bonheur, chez Peregrine, une marque anglaise qui travaille la maille depuis des générations. J’ai rapidement jeté mon dévolu sur le modèle Hudson, un pull Aran décliné dans une laine épaisse mouchetée. Pour éviter les taxes sur l’importation, j’ai passé commande auprès de Jonathan, distributeur de la marque et gérant du shop en ligne The Revive Club, basé à Trévise en Italie. À l’ouverture du colis, ça sentait très fort le mouton, pas de doute sur la came, mais qu’est-ce que c’était beau. C’est à ce moment-là que la maille est devenue l’une de mes pièces de prédilection.


Petite histoire du pull pour homme

Tout comme les t-shirts en jersey, les pulls sont des vêtements tricotés, à la différence des pantalons ou des chemises par exemple qui sont obtenus par tissage. S’il est difficile de dater avec précision l’invention du tricotage, la découverte d’une paire de chaussettes réalisée en Égypte entre le 3ème et le 5ème siècle avant JC a permis de démontrer que des pièces extrêmement complexes étaient réalisées durant l’antiquité. Toutefois, c’est dans le moyen-âge du 14ème siècle que la pratique se structure, avec l’apparition de guildes destinées à former les futurs tricoteurs. Plus tard, en Irlande puis en Écosse, tricoter la laine devient, au delà d’un moyen de survie et de subsistance, un véritable savoir-faire, riche de symboles. En plus de permettre aux porteurs d’afficher leur appartenance à un clan, les motifs et les points de tricot constituent un véritable alphabet symbolique. Une torsade par exemple représente les cordages des marins. Pour la petite anecdote, ce n’est qu’à partir des années 1930 que les français adoptent le mot pull-over, emprunté à l’anglais « passer par dessus la tête ». Auparavant, on utilisait soit le terme tricot, soit le terme chandail, utilisé au Québec, en référence aux tricots portés par les marchands d’ail des Halles de Paris au 19ème siècle.

chaussettes egyptiennes
Les Japonais n’ont rien inventé, les Tortues Ninja non plus !

Les différents types de pull pour homme

Quand on parle de pulls, on fait rapidement face à un problème de terminologie. Un pull c’est quoi ? Logiquement, comme son nom l’indique, un pull est censé s’enfiler par dessus la tête, à l’aide d’un col, quelle que soit sa forme. Les cardigans boutonnés et autres gilets zippés ne devraient donc pas faire partie de la grande famille des pulls. Toutefois, pour établir un panorama le plus large possible et vous proposer un maximum de pépites, j’ai décidé de faire une entorse à la règle en les incluant. On y va ?

Le pull à col rond pour homme

Les pulls à col rond, que l’on nomme aussi crewnecks (ras-du-cou), sont des incontournables du vestiaire masculin. Certains se portent assez près du corps, à même la peau ou par un dessus un t-shirt. C’est le cas des Paris Yorker que l’on a testés récemment. Pour autant, sur la majorité des modèles, les coupes seront généreuses. Personnellement, j’adore enfiler mes pulls par dessus un henley ou une chemise en flanelle. Parmi les nombreux types de pulls existants, beaucoup disposent d’un col rond. C’est le cas du :

  • Pull Fair-Isles, qui tire son nom d’une petite île au sud de l’archipel des Shetland, en Écosse.
  • Shaggy dog, pull « hirsute » en laine shetland peignée popularisé par J.Press dans les années 50.
  • Pull Aran / cable-knit / fisherman, dérivé des traditionnels tricots de pêcheurs irlandais du début du 20ème siècle.
  • Pull Breton, avec sa boutonnière au niveau de l’épaule gauche.
  • Pull de chasse, shooting jumper, reconnaissable à ses empiècements aux coudes et aux épaules.
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Le fameux pull Peregrine qui ne me quitte jamais en Hiver. Qualité incroyable et prix tout doux.

Le pull à col V pour homme

Baladez vous dans n’importe quelle boutique ou sur n’importe quel e-shop, vous aurez bien du mal à dénicher un pull à col v. Longtemps populaire, il n’a pourtant pas échappé à tout un tas de connotations et de clichés variés, qui allaient du « gendre idéal » au « petit bourgeois ». C’est assez intéressant d’observer comment les tendances varient selon un cycle quasi mathématique. Il n’y a pas si longtemps, c’était les gros pulls « de mémé » qui n’avaient plus la côté, ceux-là même que je vous présente aujourd’hui. À mon sens, le pull à col v, tout comme le gilet sans manches, est une pièce bien plus difficile à maîtriser qu’un modèle à col rond. Il ne faut pas le porter au premier degré. Rien de pire qu’un pull à col v trop cintré, dont la couleur trop criarde dénote par rapport au pantalon. Croyez-moi, c’est quand il est détourné qu’il devient une pièce intéressante. Premièrement, tous les modèles ne sont pas forcément unis et fins. Il existe des versions plus travaillées, un peu plus spacieuses, dans le genre des pulls de cricket, colorés et texturés. Associés à une veste casual, à un pantalon en laine herringbone coupe droite et à des brogues à semelle commando, c’est tout de suite plus intéressant, moins lisse. Il y a vraiment de quoi s’amuser avec ce type de pull. Pour trouver un peu d’inspiration, j’adore regarder des vieilles photos de suedeheads anglais ou de college boys américains. Le col v était très bien mis en valeur dans leurs tenues. Les japonais (certains) sont très fort aussi dans cet exercice.

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Le traditionnel pull de cricket britannique revisité par Maison Margiela

Le col roulé pour homme

À l’origine, le col roulé est intimement lié au monde de la mer, qui l’a popularisé, bien avant que le cinéma et la contre-culture ne s’en emparent. Il est porté aussi bien par la navy que par les professionnels de la mer : marins pêcheurs, dockers… De l’autre côté de la Manche comme de l’Atlantique, on l’appelle submariner, turtleneck, rollneck, u-boat, en référence aux sous-marins allemands. Je ne vais pas vous mentir, le col roulé est une pièce que j’adore porter en automne et en hiver. Ce qui est génial, c’est qu’il se décline en version fine comme en version épaisse, sans parler des multitudes de textures, couleurs et torsades possibles et imaginables : torsades, mouchetages, motifs. C’est la pièce polyvalente par excellence, qui peut être portée de façon casual ou habillée, selon votre style et les tenues que vous souhaitez composez. Encore une fois, n’ayez pas peur d’abuser du layering. Le col roulé s’y prête très bien.

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Si ce col roulé donegal Inis Meáin vous fait de l’œil, c’est parfaitement normal. Apprêtez-vous toutefois à vous délester d’un rein.

Le cardigan pour homme

Attesté en anglais depuis 1868, le mot cardigan est emprunté à James Thomas Brudenell, 7e comte de Cardigan (Pays-de-Galle) et lieutenant-général de l’empire britannique. La légende raconte que pendant la guerre de Crimée, pour être à l’aise lors d’une charge, il aurait fendu son tricot. Si cette histoire a le mérite d’avoir du panache, le cardigan n’a été commercialisé qu’après son retour de campagne, sur la base des gilets militaires tricotés portés par les officiers de l’époque. Les manches auraient été ajouté par la suite. Comme le pull à col v, le cardigan a aussi souffert des clichés. On l’a souvent accusé d’être un vêtement désuet destiné aux octogénaires. Pour autant, c’est vraiment loin d’être le cas. Le cardigan est une pièce inclassable, qui a traversé toutes les modes et a fait le tour de la planète. Des campus de Yale ou Harvard jusqu’aux trottoirs de Tokyo, le cardigan a fait un sacré bout de chemin. Libre à vous de l’intégrer dans des tenues chic et formelles ou casual. À titre personnel, j’adore porter un cardigan par dessus un t-shirt épais à manches longues. Pantalon en velours, Barbour Beaufort pour compléter l’ensemble et le tour est joué. L’avantage de cette pièce, c’est qu’on peut s’amuser avec différents mélanges de laine, avec les motifs, les textures, les boutons même. En plus, c’est une pièce du vestiaire que les créateurs adorent déconstruire. Voici les différents types de cardigans que l’on peut trouver :

  • Le cardigan fair-isle. Un cardigan arborant les mêmes motifs que les pulls fair-isle.
  • Le cardigan à col bomber, pour ajouter une touche de décontraction.
  • Le cardigan à col nerhu, plus rare et original.
  • Le cardigan à col chemise, pour un look Ivy League.
  • Le cardigan à col cheminée, pour protéger son petit cou sensible.
  • Le cardigan col châle, très polyvalent.
needles purple diamond mohair
La décontraction selon Needles. Un cardigan laine & mohair, un jean bleach, un t-shirt blanc épais, des sneakers en toile en guise de rappel.

Le pull camionneur pour homme

Longtemps tenu à l’écart de nos vestiaires, j’ai eu l’agréable surprise de constater que le pull camionneur avait fait son grand retour dans les catalogues des marques. Bien portée, c’est une pièce terriblement efficace et facile à marier. J’adore porter un camionneur ouvert par dessus une chemise en flanelle ou en velours, le col replié le long de la ligne d’épaules. On en trouve des cintrés, avec demi-zip, plus formels et élégants, à porter par dessus une chemise en oxford et un pantalon habillé. D’autres modèles, coupés plus généreusement, pourront présenter des manches raglan et un zip intégral. Aucun souci pour les intégrer au reste de votre dressing : chino, denim, pantalon workwear, parkas, chaussures casual ou sneakers.

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Pour descendre les poubelles ou promener le chien cet hiver, ce Eat Dust en mérinos à col cheminée vous sera bien utile.

Que doit-on vérifier au moment d’acheter un pull ?

En bons français exigeants, quand vous vous rendez dans une boulangerie, j’imagine que vous prêtez attention aux types de farines utilisés, au temps de cuisson ou à l’épaisseur de la croûte ? Et bien choisir un pull de qualité requiert le même niveau d’exigence. Voici les trois points qui appellent votre vigilance.

La composition du pull

Comme moi, vous devez avoir pris l’habitude d’attraper l’étiquette d’un pull pour vérifier sa composition avant de passer en caisse. On distinguera trois cas de figure :

  • Le pull est composé à 100% de matières naturelles (laine / coton / lin…)
  • Le pull est mélangé à partir de matières naturelles ( Laine / coton, laine / soie…)
  • Le pull est composé de matières naturelle et pétrochimiques (laine / polyamide)

Vous vous en doutez, on privilégiera une composition naturelle, mélangée ou non. À priori, le polyamide ou l’élasthanne sont des matières intéressantes pour l’industrie textile. Couplées à des matières naturelles, elles permettent d’accroître la solidité et l’élasticité d’un pull par exemple. Qui n’a jamais vu son pull trouer au niveau des coudes. Le hic, c’est que pour les produire, ça demande beaucoup d’eau et d’énergie, sans parler des particules de plastiques qui finissent par se désagréger dans nos machines à laver et rejoignent les océans par la suite. Évidemment, c’est avant tout une question budget. Tout le monde ne peut pas se payer un pull 100% cachemire (chèvre), Geelong (agneau australien) ou même mérinos. Pour donner une référence, essayez de ne pas descendre sous les 70 % de matières naturelles. Pour ne pas trop faire gonfler les prix, le mélange laine / coton peut être une solution.

Exemple de pull en pure laine shetland certifié woolmark

Le type d’assemblage / montage du pull

  • Le coupé-cousu : Les panneaux de laine obtenus sont coupés puis assemblés à l’aide machine à coudre. On retrouve souvent ce type de montage sur de l’entrée de gamme. On le remarque au fil qui traverse les jointures de laine.
  • Les pulls tubulaires sans coutures : Certains pulls heritage sont fabriqués sur des anciens métiers à tricoter circulaires dits tubulaires. Adieu les coutures. Le problème, c’est que cette méthode de production n’est pas flexible et laisse peu de liberté. Les manches seront toujours raglan par exemple (manche qui s’étend en une seule pièce jusqu’à l’encolure).
  • Le fullyfashioned : Les panneaux de laine sont tricotés selon une forme prédéfinie puis assemblés les uns aux autres par remaillage. On tricote un lien entre les panneaux pour les attacher. Cette opération peut s’effectuer à la main, sur des machines anciennes ou plus récentes. Les marques de milieu de gamme et haut-de-gamme proposent souvent du fullyfashioned.
  • Le Wholegarment : Les pulls sont fabriqué « d’une seule pièce », sans aucunes coutures, grâce aux nouveaux métiers à tricoter 3D. Pour marquer les épaules par exemple, le remaillage est tout de même pratiqué.
Métier à tricoter 3D Japonais. Le pull sort presque comme dans un distributeur de sodas. Le futur est déjà là. Crédit : Uniqlo.

Les certifications concernant les laines

Récolter la laine des moutons est une chose. La récolter de façon responsable et humaine en est une autre. Il n’y a pas si longtemps que ça, les fermiers australiens pratiquaient ce qu’on appelle le mulesing. Rien à voir avec avec un quelconque âne chantant. En faisant mes recherches sur le très bon site The Good Goods, j’ai découvert qu’il s’agissait d’une technique barbare consistant à couper un morceau de peau autour de la queue du mouton pour éviter que les larves de mouches ne se développent et viennent ternir la santé de l’animal et la qualité de la laine. Bien sûr, le mulesing est pratiqué sans anesthésie, ce qui peut entraîner la mort de l’animal, sans parler des séquelles psychologiques. Vérifiez bien sur les sites des fabricants ou les étiquettes, que la mention mulesing free apparaît.

Aujourd’hui, les marques font de plus en plus appel à des organismes de certification, chargés de contrôler les producteurs et leurs pratiques (traçabilité, bien-être animal, respect des pâturages…). Pour vous assurer que votre pull a été conçu dans le respect de ces normes, cherchez l’étiquette RWS (Responsible Wool Standard). En France, le certificat Laines de France permet d’indiquer au consommateur que la laine utilisée est 100 % transformée sur notre sol.

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Le logo de certification RWS

Quelles marques de pulls pour homme acheter ?

Après ce petit tour d’horizon, le pull ne devrait plus avoir de secrets pour vous. Mais ne croyez pas qu’on va vous abandonner comme ça en pleine nature. Au contraire, on a travaillé dur pour vous présenter nos marques de pulls préférées. Comme ça, quelle que ce soit votre recherche, vous pourrez trouver le modèle qui correspond à vos attentes et à votre budget. On a sélectionné plus de 130 marques de pulls pour homme, de quoi trouver votre bonheur !

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