Le 23 février 1981, Rudolf Noureev danse sur la scène de l’Opéra-Comique devant 1 200 invités. Ce n’est pas un gala de l’Opéra de Paris. C’est le lancement d’un parfum, Kouros, et Yves Saint Laurent a loué la salle pour l’occasion. Quarante-cinq ans plus tard, on trouve encore le flacon blanc chez Sephora, et il sent toujours aussi fort. Voilà ce que j’appelle un parfum mythique : un flacon qui a eu son heure de gloire, qui a changé quelque chose à la façon dont les hommes sentent, et qui est encore là pour qu’on puisse vérifier.
Dans mon guide des meilleurs parfums pour homme, je vous dis quoi acheter, à quel prix et chez qui. Ici, c’est autre chose. Pas de prix au millilitre, pas de tableau, pas de classement par budget. Juste l’histoire, de la première eau de Cologne de 1709 au best-seller de 2015 que vous sentez dans le métro tous les matins. Une quarantaine de flacons, racontés dans l’ordre, avec les parfumeurs qui les ont composés et les détails que les fiches produit oublient. Vous n’avez pas besoin de les aimer. Vous avez besoin de les connaître, comme on connaît les grands films avant de parler de cinéma.
Trois siècles en un coup d’œil
La frise des parfums mythiques pour homme
- 1709 à 1924Avant l’hommeFarina, 4711, Jicky, Mouchoir de Monsieur, Knize Ten
- 1934 à 1959Les codes s’invententPour Un Homme, Old Spice, Pour Monsieur, Vétiver, Tabac
- 1964 à 1966La grande décennieBrut, Habit Rouge, Eau Sauvage, Aramis
- 1973 à 1978Fougères et patchouliPaco Rabanne, Gentleman, Grey Flannel, Yatagan, Azzaro, Polo
- 1981 à 1988Plus fort, plus loinKouros, Antaeus, Drakkar Noir, Green Irish Tweed, Cool Water, Fahrenheit
- 1990 à 1999L’eau et le propreÉgoïste, Héritage, L’Eau d’Issey, CK One, Le Mâle, Acqua di Giò, Déclaration, Allure
- 2002 à 2008L’oud, l’iris, la terreM7, Dior Homme, Terre d’Hermès, Tobacco Vanille, 1 Million
- 2010 à 2015Les mythes en coursAventus, Bleu de Chanel, Spicebomb, Sauvage
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Mais qui raconte tout ça ?
Verygoodlord est un média indépendant consacré au style masculin depuis 2012. Cet article est écrit par moi, Arnaud Chanteloup, fondateur de Verygoodlord. Chaque date, chaque nom de parfumeur et chaque anecdote ont été vérifiés avant d’être écrits, et quand une légende est trop belle pour être vraie, je vous le dis.
Quelques liens de cette page renvoient vers des marchands, et quand vous achetez par ce biais, je touche une petite commission. Ça ne change rien au prix, ni à ce que je pense de ces parfums. Un mythe manque à l’appel ? Écrivez-moi.

1 | Avant 1934. Quand les hommes empruntaient aux femmes
Pendant deux siècles, le parfum masculin n’existe pas. Il y a l’eau de Cologne, que tout le monde porte, et il y a les parfums, qui sont pour les femmes et que certains hommes empruntent en douce. Les cinq flacons qui suivent viennent de cette époque où personne n’avait encore eu l’idée d’écrire « pour homme » sur une étiquette.
Eau de Cologne, Farina (1709)
Johann Maria Farina, un Italien installé à Cologne, compose une eau d’agrumes qui lui rappelle, écrit-il à son frère, un matin de printemps en Italie après la pluie. Il la baptise du nom de sa ville d’adoption. Trois siècles plus tard, le mot « cologne » désigne toute une famille de parfums, et la maison Farina existe toujours, au même endroit. Son Eau de Cologne 1709 se trouve encore chez Rasage Classique. Très légère, très courte, mais c’est un morceau d’histoire pour moins de 40 euros.

4711 (1792)
L’autre eau de Cologne de Cologne, celle de la famille Mülhens, qui tire son nom du numéro que l’occupant français a peint sur la façade de la maison familiale, Glockengasse 4711. Agrumes, néroli, romarin, lavande. Napoléon aurait aimé l’eau de Cologne au point d’en consommer des litres, et si l’anecdote est invérifiable dans le détail, le flacon bleu et or, lui, est bien réel. C’est à mon avis le meilleur rapport qualité-prix de toute la parfumerie, et je le dis dans tous mes guides.

Jicky, Guerlain (1889)
Aimé Guerlain compose Jicky, lavande, bergamote, vanille et un fond animal, et c’est l’un des premiers parfums à utiliser des molécules de synthèse. Il est pensé pour les femmes, qui le trouvent d’abord trop étrange. Ce sont les hommes qui l’adoptent les premiers, pendant une bonne décennie, avant que les femmes ne le leur reprennent. Jicky est donc, par accident, le premier parfum masculin de l’histoire moderne. Il est toujours au catalogue de Guerlain, et si vous voulez comprendre d’où vient le Pour Un Homme de Caron, sentez-le d’abord.

Mouchoir de Monsieur, Guerlain (1904)
Jacques Guerlain reprend l’idée de Jicky et l’assume : ce parfum-là est pour un homme, le titre le dit. Une fougère lavandée, légèrement animale, imaginée pour parfumer le mouchoir de poche qu’on sortait pour saluer. La maison le fabrique encore, à petite échelle, dans son flacon à facettes. C’est le parfum qu’on offrirait à un personnage de Proust.

Knize Ten (1924)
Knize est un tailleur viennois, et un tailleur de première classe, dont la boutique du Graben a été dessinée par l’architecte Adolf Loos. En 1924, la maison demande à Vincent Roubert, avec François Coty, un parfum pour ses clients. Le résultat est un grand cuir, fumé, un peu goudronné, qui sent la sellerie et le club de polo (d’où le « Ten », le handicap maximal au polo). Knize Ten est le parfum culte des amateurs de cuir, et l’un des rares de cette liste qu’on ne trouve pas en parfumerie : il faut le commander chez Knize ou chez quelques revendeurs spécialisés. Si vous aimez le Spanish Leather de Trumper, c’est le niveau au-dessus.
2 | 1934 à 1959. Le parfum masculin invente ses codes
Pour Un Homme, Caron (1934)
Le premier. Pas le premier parfum porté par des hommes, on vient de le voir, mais le premier grand parfum conçu, nommé et vendu pour eux. Ernest Daltroff, le fondateur de Caron, marie la lavande à la vanille, deux matières que rien ne destinait à se rencontrer, et obtient un parfum frais au départ, de plus en plus doux au fil des heures. Caron annonce aujourd’hui 61 % de lavande dans la formule. Serge Gainsbourg l’a porté toute sa vie, et je ne connais pas de meilleure publicité. Le flacon carré à épaules n’a presque pas bougé depuis 1934. Si vous ne deviez sentir qu’un seul parfum de cette page, ce serait celui-là : il se trouve chez Sephora, en coffret avec son gel douche.

Old Spice (1938)
Vous allez sourire, et vous auriez tort. Old Spice, lancé aux États-Unis par la société Shulton, est le parfum qui a appris à toute une génération d’Américains qu’un homme pouvait se parfumer sans se poser de questions. Un oriental épicé, cannelle, œillet, vanille, dans un flacon de faïence blanche orné d’un voilier. Il a été copié des centaines de fois. Et il a inspiré, de très près, un parfum français que vous connaissez tous : Habit Rouge n’aurait peut-être pas existé sans lui.

Pour Monsieur, Chanel (1955)
Le premier masculin de Chanel, composé par Henri Robert, et peut-être le plus élégant de tous. Un chypre citronné et boisé, sec, d’une sobriété absolue, pour un homme qui n’a rien à prouver à personne. Il n’a jamais été un best-seller et il n’a jamais cherché à l’être. Je l’ai classé parmi les trois parfums les plus classe de mon guide, et je n’en démords pas. Il est chez Sephora.

Pino Silvestre (1955)
Un parfum de pin dans un flacon en forme de pomme de pin, créé à Venise par la maison Vidal. Vous le trouviez dans la salle de bain de vos grands-parents italiens, ou dans celle de vos grands-parents tout court. Vert, résineux, un peu savonneux, vendu une bouchée de pain. Ce n’est pas un grand parfum, c’est un parfum populaire au sens noble, et il a été le premier contact de millions d’hommes avec l’idée même de sentir bon.

Vétiver, Carven (1957) et Vétiver, Guerlain (1959)
La fin des années 1950 est celle du vétiver, cette racine de graminée qui sent la terre humide et le foin coupé. Carven ouvre le bal en 1957. Guerlain répond en 1959 avec le Vétiver de Jean-Paul Guerlain, plus sec, relevé de tabac et d’épices, et c’est celui-là qui est resté. Je le dis dans chacun de mes guides : si on me demandait le parfum masculin le plus parfait jamais composé, je répondrais sans doute le Vétiver de Guerlain. Givenchy en sortira un la même année, et Carven réédite le sien aujourd’hui. Trois vétivers en deux ans, ça s’appelle une époque.

Tabac Original (1959)
Le flacon de la salle de bain de nos grands-pères, cette fois côté allemand : Mäurer & Wirtz, à Stolberg. Une fougère chaude, poivre, lavande, mousse de chêne, vétiver, santal, qui ne sent d’ailleurs pas du tout le tabac. Il coûte toujours moins de 25 euros, et il est toujours très bien fait. Le parfum dont on hérite plutôt qu’on ne l’achète.

3 | Les années 1960. La grande décennie
Si vous ne deviez retenir qu’une décennie, prenez celle-là. En trois ans, de 1964 à 1966, sortent le parfum le plus vendu du monde anglo-saxon, le premier grand oriental masculin, le parfum qui a inventé la fraîcheur moderne et le premier masculin de luxe américain. On n’a jamais fait mieux depuis, et je pèse mes mots.
Brut, Fabergé (1964)
Une fougère verte et musquée, composée par Karl Mann, vendue dans un flacon vert à médaille argentée. Brut est devenu, dans les années 1970, le parfum des vestiaires de football et des publicités avec boxeurs, le boxeur Henry Cooper en tête au Royaume-Uni. Son slogan, en substance : mettez-en partout. On le trouve aujourd’hui en grande surface pour une poignée d’euros, dans une version qui n’a plus grand-chose de la formule de 1964. Mais c’est le premier parfum masculin de masse, et à ce titre il a sa place ici.
Habit Rouge, Guerlain (1965)

Jean-Paul Guerlain, cavalier lui-même, imagine le parfum d’un homme qui rentre de la chasse à courre : l’habit rouge, le cuir de la selle, la poussière du manège, et dessous, la douceur de la vanille et des agrumes. C’est le premier oriental masculin, c’est-à-dire le premier parfum pour homme qui ose la vanille, le benjoin et la poudre, des choses qu’on réservait aux femmes. Soixante ans plus tard, il est toujours là, et toujours aussi habillé. On le dit parfois daté. Je le trouve intemporel, ce qui n’est pas la même chose.
Eau Sauvage, Dior (1966)

Edmond Roudnitska, le plus grand parfumeur de son siècle, utilise pour la première fois à forte dose une molécule, l’hédione, qui donne au citron et à la bergamote un rayonnement transparent, presque floral, qu’on n’avait jamais senti. Toute la parfumerie fraîche moderne descend de ce flacon, et quand vous sentez un parfum « propre » aujourd’hui, c’est encore un peu de l’Eau Sauvage que vous sentez. Alain Delon a prêté son visage à la publicité dans les années 1960, puis à nouveau en 2009, ce qui donne une idée de la longévité de la chose. Toujours chez Sephora. À ne pas confondre avec Sauvage, sorti en 2015, dont je reparle plus bas et qui n’a presque rien à voir.
Aramis (1966)
Estée Lauder crée une marque entière pour lui, du nom d’un mousquetaire, et le vend dans les grands magasins américains à une époque où les hommes n’y achetaient que des chaussettes. Bernard Chant compose un cuir chypré, mousse de chêne, cuir, épices, dans un flacon brun à bouchon noir. Puissant, sec, très sûr de lui. Aramis est le parfum de l’homme d’affaires américain des années 1970, celui qui fume dans l’avion, et il a formé le nez de toute une génération de parfumeurs. Il existe encore, et il n’a rien perdu de son assurance.
4 | Les années 1970. Fougères, patchouli et polo
Paco Rabanne pour Homme (1973)
Jean Martel compose pour le couturier des robes en métal une fougère aromatique, lavande, romarin, sauge, mousse de chêne, miel et tabac, dans un flacon vert dépoli qui a l’air d’un flacon de pharmacie. Il a parfumé toute une génération de pères français, le mien peut-être, le vôtre sûrement. Pendant trente ans, c’était le cadeau de fête des pères par défaut. Il est toujours en vente, à prix doux, et il reste l’une des meilleures fougères du marché, si l’on admet qu’elle sent un peu la fête des pères.
Gentleman, Givenchy (1974)
Paul Léger ose le patchouli, cette matière de hippie, dans un parfum pour homme en costume. Gentleman est sombre, boisé, un peu cuiré, avec une surdose de patchouli qui le rendait reconnaissable à dix mètres. La version actuelle, rebaptisée au fil des relances, n’a plus le même caractère, et c’est l’un des cas où je vous conseille de chercher un ancien flacon plutôt que le nouveau. Un mythe, oui, mais un mythe un peu abîmé.
Grey Flannel, Geoffrey Beene (1975)
André Fromentin compose un parfum vert et poudré, violette, galbanum, iris, pour le couturier new-yorkais Geoffrey Beene, et le flacon est livré dans une pochette de flanelle grise. Grey Flannel est le parfum de la vieille élégance américaine, celle des campus de la côte Est. Il sent l’herbe coupée et la violette, et il ne ressemble à rien de ce qu’on fait aujourd’hui. Il coûte 32,90 euros chez Rasage Classique, ce qui est une plaisanterie pour un parfum de ce niveau.
Yatagan, Caron (1976)

Un yatagan est un sabre turc, et le parfum porte bien son nom. Vincent Marcello compose pour Caron un boisé vert et animal, pin, armoise, cuir, castoréum, qui sent la forêt de résineux, la fumée et quelque chose de sauvage qu’on n’oserait plus mettre dans un flacon aujourd’hui. Les amateurs le vénèrent, le grand public ne le connaît pas, et c’est très bien ainsi. À essayer sur peau avant tout achat, sous peine de surprise. Il se trouve sur le site de la marque, 125 € les 125 ml.
Azzaro pour Homme (1978)

Gérard Anthony compose pour Loris Azzaro la fougère la plus généreuse de l’histoire : lavande, anis, basilic, mousse de chêne, cuir, dans un flacon à rayures noires et argent qu’on reconnaît de loin. Azzaro pour Homme sent la Méditerranée, les chemises ouvertes et la fin des années 1970, et il est resté un énorme succès pendant trois décennies. Il est toujours chez Sephora, pour un prix très raisonnable. Un peu démonstratif, terriblement efficace.
Polo, Ralph Lauren (1978)

Le flacon vert bouteille à bouchon doré, avec le joueur de polo. Carlos Benaïm compose un chypre vert et boisé, pin, tabac, cuir, patchouli, qui sent le club-house et la veste en tweed, et qui a fait de Ralph Lauren une marque de parfum autant que de chemises. Polo est aux Américains ce qu’Azzaro est aux Français : le parfum du père, dans sa version la plus flatteuse. Il a engendré une famille entière de déclinaisons, Polo Blue en tête, dont aucune n’a la force de l’original. Il se trouve sur le site de la marque.
5 | Les années 1980. Plus fort, plus loin
Les épaulettes, les montres en or, les voitures qui parlent. Les années 1980 ne font pas dans la nuance, et leurs parfums non plus. Un homme de 1985 se parfume pour qu’on le sache depuis l’autre bout du bureau, et les parfumeurs lui donnent ce qu’il demande. C’est aussi la décennie où, discrètement, la fraîcheur marine se prépare à tout balayer.
Kouros, Yves Saint Laurent (1981)

Je vous ai raconté le lancement à l’Opéra-Comique, avec Noureev. Le parfum est à la hauteur de la soirée. Pierre Bourdon compose une fougère animale, musquée, savonneuse et épicée à la fois, qui sent à la fois la peau propre et la peau pas propre du tout, et le dossier de presse d’Yves Saint Laurent parle d’« un parfum pour dieux vivants ». Le flacon blanc, lisse, évoque une statue grecque. Kouros est le parfum le plus clivant de cette liste : on l’adore ou on le déteste, et dans les deux cas on s’en souvient. Il est toujours en vente, dans une version assagie. À porter avec parcimonie, et plutôt après 40 ans.
Antaeus, Chanel (1981)

La même année, Jacques Polge compose pour Chanel un cuir chypré sombre et puissant, baptisé du nom d’un géant de la mythologie grecque qui reprenait des forces chaque fois qu’il touchait terre. Antaeus est le Kouros des gens discrets : aussi viril, mais en costume. Les amateurs le classent parmi les plus beaux masculins de Chanel, devant Égoïste et très loin devant Bleu. Chanel le garde au catalogue sans en faire la moindre publicité, ce qui est une forme de chic. Il se trouve chez Sephora, 142 € les 100 ml.
Drakkar Noir, Guy Laroche (1982)

Pierre Wargnye compose pour Guy Laroche une fougère aromatique, lavande, genévrier, mousse de chêne, dans un flacon noir mat qui a l’air d’un objet de science-fiction. Drakkar Noir a été l’un des parfums masculins les plus vendus au monde dans les années 1980 et 1990, surtout aux États-Unis, où il est devenu le parfum du lycéen américain des films de l’époque. Il a tellement été porté qu’il est devenu une référence olfactive à lui tout seul : des dizaines de produits, du déodorant au gel douche, sentent « le Drakkar » sans le dire. Il se trouve chez Sephora, 49 € les 50 ml.
Green Irish Tweed, Creed (1985)

Bien avant Aventus, Creed a fait Green Irish Tweed, une fougère verte, violette, iris, santal, qui sent la lande irlandaise après la pluie et qui a été, dit-on, portée par Cary Grant. Pierre Bourdon y a travaillé avec Olivier Creed, et c’est important pour la suite. Car trois ans plus tard, le même Pierre Bourdon va composer un parfum qui ressemble étrangement à celui-ci, pour un prix quatre fois moindre. Il se trouve sur le site de la marque.
Cool Water, Davidoff (1988)

Le voici. Pierre Bourdon compose pour Davidoff une fougère fraîche, menthe, lavande, une note marine inédite, santal et musc, dans un flacon bleu comme la mer. Cool Water est le parfum qui a inventé la fraîcheur aquatique, celle qui va dominer la parfumerie masculine pendant vingt ans, d’Acqua di Giò à Bleu de Chanel. Il s’en est vendu des dizaines de millions de flacons, et il a été copié par à peu près tout le monde. Si vous ne l’avez jamais senti, vous l’avez senti quand même : il est dans la moitié des gels douche du supermarché. Il se trouve sur le site de la marque.
Fahrenheit, Dior (1988)

La même année, à l’autre bout du spectre, Dior sort le parfum le plus étrange de l’histoire masculine. Jean-Louis Sieuzac et Michel Almairac construisent un accord de feuille de violette, de cuir et de bois, avec cette fameuse note qui évoque, selon les nez, l’essence, le bitume chaud ou un garage l’été. Le flacon dégradé, du rouge au jaune, est signé Pierre Dinand. Fahrenheit ne ressemble à rien d’autre, avant ou après lui, et c’est pour ça qu’on le reconnaît en une seconde dans la rue. Il est toujours chez Sephora, et il approche les quarante ans sans avoir pris une ride.
6 | Les années 1990. L’eau, le propre et le marin
Égoïste, Chanel (1990)

Jacques Polge reprend un parfum confidentiel de la maison, Bois Noir, et en fait un santal épicé, chaud, un peu fruité, rose et vanille, dans un flacon d’une sobriété parfaite. Mais ce dont tout le monde se souvient, c’est la publicité de Jean-Paul Goude : des dizaines de femmes qui ouvrent les volets d’un palace et hurlent « Égoïste ! » en claquant les fenêtres. Le parfum est à la hauteur de la réclame. Un parfum de dandy, à réserver au soir. Sa déclinaison Platinum Égoïste, en 1993, est plus fraîche et a eu plus de succès, mais c’est l’original qui est le mythe.
Héritage, Guerlain (1992)

Le classique oublié. Une fougère boisée et ambrée, chaude, réconfortante, qui sent la belle maison bourgeoise, le bureau en acajou et la cheminée. Moins connu qu’Habit Rouge ou Vétiver, il n’a jamais eu leur publicité, mais les amateurs de Guerlain le tiennent pour l’un des plus beaux masculins de la maison. Il est toujours en vente, et si vous aimez Habit Rouge mais le trouvez trop poudré, c’est lui qu’il vous faut.
L’Eau d’Issey pour Homme, Issey Miyake (1994)

Jacques Cavallier compose pour le couturier japonais un parfum qui sent l’eau, littéralement : yuzu, bergamote, une note aquatique presque minérale, du tabac et du santal au fond. Le flacon est un cône de verre dépoli à bouchon de métal. L’Eau d’Issey a été le parfum des années 1990, celui des architectes et des designers, celui qui allait avec les lunettes rondes et les costumes noirs. Il est toujours en vente, et il a vieilli bien mieux que les costumes noirs. Il se trouve chez Sephora, 99 € les 75 ml.
CK One, Calvin Klein (1994)

Alberto Morillas et Harry Fremont composent un hespéridé musqué, thé vert, bergamote, musc blanc, dans un flacon qui ressemble à une flasque de whisky, et Calvin Klein le vend aux hommes et aux femmes en même temps. Le mot « unisexe » existait déjà, mais CK One en a fait un phénomène mondial, avec ses publicités en noir et blanc où personne ne sourit. Il sent le propre, le neutre, le tee-shirt blanc, et il a ouvert la voie à toute la parfumerie « de peau » d’aujourd’hui. Il se trouve chez Sephora, 65 € les 50 ml.
Le Mâle, Jean Paul Gaultier (1995)

Francis Kurkdjian a 25 ans quand il compose son premier grand parfum : une lavande vanillée, menthe, fleur d’oranger, cannelle, dans un buste d’homme en verre bleu habillé d’une marinière, vendu dans une boîte de conserve. Le Mâle a été pendant des années le parfum masculin le plus vendu en France, et il a inventé le masculin sucré, celui que Jean Paul Gaultier appelait, avec son sourire, un parfum pour les hommes qui ne craignent pas les femmes. Il a été décliné à l’infini, et il a lancé la carrière du parfumeur français le plus célèbre de sa génération. Il se trouve chez Sephora, 168 € les 200 ml.
Acqua di Giò pour Homme, Giorgio Armani (1996)

Alberto Morillas, encore lui, compose pour Giorgio Armani un parfum inspiré par des vacances du couturier à Pantelleria : agrumes, notes marines, jasmin, romarin, bois. Acqua di Giò est l’été italien dans un flacon dépoli, et il a été l’un des parfums masculins les plus vendus au monde pendant quinze ans, surtout aux États-Unis. C’est le petit-fils de Cool Water, en plus solaire, et il a parfumé tous les mariages d’été des années 2000. Je ne le porterais pas, mais je comprends ceux qui le font. Il se trouve chez Sephora, 119 € les 100 ml.
Déclaration, Cartier (1998)

Jean-Claude Ellena, avant Hermès, compose pour Cartier un parfum épicé et boisé à base de cumin, de cardamome et de bois de cèdre, qui sent la peau chaude et le thé. Déclaration a divisé, à cause du cumin, qui évoque pour certains la sueur, et c’est justement ce qui en fait un grand parfum : il sent l’homme, pas le savon. C’est aussi le brouillon de Terre d’Hermès, et quand vous aurez senti les deux, vous comprendrez le chemin. Il se trouve chez Sephora, 97 € les 50 ml.
Allure Homme, Chanel (1999)

Jacques Polge compose un boisé frais et épicé, agrumes, poivre, cèdre, tonka, taillé pour plaire au plus grand nombre sans jamais tomber dans la facilité. Allure Homme a été le premier vrai succès commercial masculin de Chanel, avant Bleu, et il reste l’un des rares parfums de la maison qu’on peut porter au bureau sans que personne ne se retourne. Un mythe discret, comme Chanel sait les faire. Il se trouve chez Sephora, 109 € les 50 ml.
7 | Les années 2000. L’oud, l’iris et la terre
M7, Yves Saint Laurent (2002)

Tom Ford dirige alors Yves Saint Laurent, et il demande à Alberto Morillas et Jacques Cavallier un parfum autour de l’oud, cette résine de bois d’agar que l’Occident ne connaît pas encore. M7 est le premier grand masculin occidental à l’oud, dix ans avant que toutes les marques s’y mettent. La publicité, avec le champion de karaté Samuel de Cubber entièrement nu, a fait scandale et a été retirée de la plupart des magazines. Le parfum, lui, a été arrêté, relancé sous le nom d’Oud Absolu, et il reste un objet de culte pour ceux qui l’ont connu. Il se trouve sur le site de la marque, 107 € les 80 ml.
Dior Homme (2005)

Hedi Slimane dessine chez Dior des costumes pour des garçons très minces, et Olivier Polge, le fils de Jacques, compose le parfum qui va avec : un iris poudré, cacao, lavande, cuir, d’une féminité assumée. Faire accepter l’iris aux hommes n’était pas gagné, et ça a marché. Dior Homme a influencé toute la parfumerie masculine des années 2010, et sa déclinaison Dior Homme Intense est souvent citée comme l’un des plus beaux parfums masculins du siècle. La version d’origine est aujourd’hui vendue sous le nom de Dior Homme Original, parce que Dior a confié le nom « Dior Homme » à un parfum différent en 2020. Ne vous trompez pas de flacon.
Terre d’Hermès (2006)

Jean-Claude Ellena met la terre, le silex et l’orange dans un flacon. Un boisé minéral, poivre, vétiver, cèdre, qui évoque la matière plutôt que la séduction, et qui a inspiré une décennie de parfums masculins « minéraux ». Je l’ai beaucoup porté, et je le considère comme le dernier grand classique en date. L’eau de toilette est la version historique, la version Parfum est plus profonde, et les deux sont dans mon guide.
Tobacco Vanille, Tom Ford (2007)

Tom Ford lance sa collection Private Blend, et avec elle l’idée qu’un parfum pouvait coûter le prix d’une veste. Tobacco Vanille, tabac blond, vanille, cacao, fruits secs, est le plus connu de la collection : opulent, sucré, hivernal, le parfum d’un fumoir de palace. Il a lancé la mode des gourmands masculins et celle des flacons bruns à 250 euros. Un mythe récent, mais un mythe quand même, à en juger par le nombre de copies. Il se trouve chez Sephora, 368 € les 100 ml.
1 Million, Paco Rabanne (2008)

Un lingot d’or en guise de flacon, et dedans, un parfum sucré, cannelle, cuir, rose, ambre, composé par Christophe Raynaud, Olivier Pescheux et Michel Girard. Je ne vais pas vous mentir, ce n’est pas mon goût. Mais 1 Million a été le parfum masculin le plus vendu en France pendant des années, il a défini l’odeur des boîtes de nuit de toute une décennie, et il a appris à une génération de garçons de 18 ans à se parfumer. On ne peut pas écrire l’histoire des parfums masculins sans lui, même en se pinçant le nez. Il se trouve chez Sephora, 175 € les 200 ml.
8 | Depuis 2010. Les mythes en cours de fabrication
Un parfum sorti il y a dix ans peut-il déjà être mythique ? Pas tout à fait. Mais ces quatre-là ont vendu assez de flacons et engendré assez de copies pour qu’on sache déjà qu’on en parlera encore dans trente ans. Vous les sentez tous les jours, dans l’ascenseur, et c’est bien le signe.
Aventus, Creed (2010)

Un fruité boisé à l’ananas, bergamote, bouleau, musc, vendu plus de 300 euros, qui a lancé la mode des parfums « statut » et des vidéos de classement sur les réseaux sociaux. Aventus est à la fois un très bon parfum et le plus contrefait du monde, ce qui n’est pas un hasard. Creed, racheté par Kering en 2023, en a fait une marque de luxe à part entière. Je vous en parle plus longuement dans mon guide, sans grande tendresse pour le prix. Il se trouve sur le site de la marque.
Bleu de Chanel (2010)

Jacques Polge compose un boisé aromatique, agrumes, encens, cèdre, qui plaît à tout le monde, et Chanel le confie à Martin Scorsese pour la publicité. Bleu de Chanel est devenu en quelques années le parfum masculin le plus porté de France, et il est très bien fait. Son seul défaut est d’être partout : si vous le portez, vous sentirez comme un homme sur trois dans le métro. Il existe en trois concentrations, et l’eau de parfum est à mon avis la plus réussie.
Spicebomb, Viktor & Rolf (2012)

Une grenade en verre, et dedans, un épicé chaud composé par Olivier Polge, piment, safran, cannelle, tabac, cuir. Spicebomb a été le parfum de l’hiver pendant dix ans, celui que tous les garçons de 20 ans offraient et se faisaient offrir. Sa version Extreme, plus vanillée, a presque éclipsé l’original. Pas un chef-d’œuvre, mais un vrai phénomène, et un parfum honnête. Il se trouve chez Sephora, 132 € les 90 ml.
Sauvage, Dior (2015)

François Demachy compose une bergamote relevée de poivre et d’une énorme dose d’ambroxan, cette molécule ambrée qui tient douze heures et traverse les murs, et Dior confie la publicité à Johnny Depp dans le désert. Sauvage est devenu le parfum masculin le plus vendu du monde, point. Il a été décliné en eau de parfum, en parfum, en Elixir, et il a été copié par toute l’industrie. Je ne l’aime pas particulièrement, je trouve qu’il crie, mais je serais malhonnête de le laisser hors de cette liste : aucun parfum masculin n’a autant marqué les années 2010. Et non, il n’a presque rien à voir avec l’Eau Sauvage de 1966, malgré le nom. Il se trouve chez Sephora, 89 € les 60 ml.
9 | Mon classement. Les dix qui ont vraiment changé la parfumerie
Pas les plus vendus, pas mes préférés. Ceux sans lesquels la parfumerie masculine ne serait pas ce qu’elle est. Vous pourrez contester l’ordre, c’est fait pour.
- Eau Sauvage, Dior (1966). L’hédione, la fraîcheur moderne, tout descend de là.
- Pour Un Homme, Caron (1934). Le premier à oser écrire « homme » sur le flacon, et à le mériter.
- Cool Water, Davidoff (1988). Vingt ans de parfumerie marine en un seul flacon bleu.
- Habit Rouge, Guerlain (1965). La vanille et la poudre autorisées aux hommes.
- Fahrenheit, Dior (1988). La preuve qu’un best-seller peut être un ovni.
- Kouros, Yves Saint Laurent (1981). Les années 1980, l’Opéra-Comique et Noureev dans un flacon blanc.
- Terre d’Hermès (2006). Le dernier grand classique, et le modèle de tous les boisés minéraux qui ont suivi.
- Le Mâle, Jean Paul Gaultier (1995). Le masculin sucré, et la naissance de Francis Kurkdjian.
- Dior Homme (2005). L’iris, et toute la parfumerie masculine des années 2010 derrière lui.
- Sauvage, Dior (2015). Je ne l’aime pas, mais l’histoire s’écrit aussi avec ce qu’on n’aime pas.
Vous remarquerez que Chanel n’y est pas, alors que Pour Monsieur, Antaeus et Égoïste sont des parfums que j’admire. C’est que Chanel a fait de très grands masculins sans jamais en faire un qui change la donne, jusqu’à Bleu, qui l’a changée commercialement mais pas olfactivement. On peut être une immense maison et ne pas inventer grand-chose côté hommes.
10 | Les cinq à posséder. Une collection, pas un stock
Comme pour les montres, l’intérêt n’est pas d’aligner vingt flacons qui se ressemblent sur l’étagère de la salle de bain, mais d’en réunir quelques-uns qui ne se marchent pas dessus. Si je devais construire une collection de mythes, et seulement de mythes, je prendrais ces cinq-là : le Pour Un Homme de Caron pour l’histoire, et les quatre qui suivent pour le reste de l’année. Ils couvrent plus de soixante-dix ans et cinq idées très différentes de ce qu’un homme doit sentir. Les prix ont été vérifiés le 19 octobre 2026.

DIOR
Eau Sauvage
L’élégance française au quotidien, de mars à octobre. Le parfum de 1966 qui a inventé la fraîcheur, et qu’on peut encore porter au bureau sans que personne ne devine son âge.
Eau de toilette, bergamote, citron, hédione, romarin, vétiver, mousse de chêne
92 € les 50 ml

GUERLAIN
Habit Rouge
Le parfum habillé, pour le soir et pour l’hiver. Le premier oriental masculin, 1965, avec son cuir de selle et sa vanille. Celui qu’on porte avec une veste, jamais avec un sweat.
Eau de toilette, bergamote, orange, épices, cuir, vanille, benjoin
98 € les 50 ml

DIOR
Fahrenheit
Le parfum de caractère, celui qu’on reconnaît en une seconde. Violette, cuir et cette note d’essence qui ne ressemble à rien d’autre. Pour l’automne, et pour les jours où vous avez envie qu’on vous remarque.
Eau de toilette, feuille de violette, noix de muscade, cuir, bois, musc
92 € les 50 ml

HERMÈS
Terre d’Hermès Parfum
Le grand classique contemporain, dans sa version la plus profonde. Orange, poivre, silex et vétiver : la terre après la pluie. Pour l’automne et l’hiver, ou pour toute l’année si vous n’en voulez qu’un.
Parfum, orange, poivre, notes minérales, vétiver, cèdre
149 € les 75 ml
Et le Caron ? Comptez 121 € les 125 ml au prix conseillé, ou 129 € en coffret avec son gel douche chez Sephora. Au millilitre, c’est le moins cher des cinq. Pour tout le reste, prix, marchands, échantillons et petits budgets, c’est dans le guide des meilleurs parfums pour homme.
11 | Reformulations. Pourquoi votre parfum de 1990 ne sent plus pareil
Presque tous les parfums de cette page ont été reformulés, parfois plusieurs fois, et souvent sans que la maison le dise. Les raisons sont de trois ordres. La réglementation d’abord : l’IFRA, l’organisme qui fixe les normes de l’industrie, et la réglementation européenne ont restreint des dizaines de matières premières pour des raisons d’allergies, la mousse de chêne en tête, qui faisait le fond de toutes les fougères et de tous les chypres. Le coût ensuite : un santal de Mysore ou une rose naturelle coûtent aujourd’hui une fortune, et les formules ont été allégées. Le goût enfin : un parfum de 1981 a été adouci pour plaire au client de 2026, qui n’a plus les mêmes références.
Concrètement, le Kouros, le Fahrenheit ou l’Eau Sauvage que vous achetez aujourd’hui ressemblent à ceux de leur lancement, mais ce ne sont plus tout à fait les mêmes. Si vous avez porté l’un d’eux il y a vingt ans et que vous le trouvez changé, vous n’avez pas rêvé. Ce n’est pas une raison pour les bouder, c’est une raison pour les sentir avec le nez d’aujourd’hui plutôt qu’avec vos souvenirs. Et si vous voulez vraiment savoir comment sentait le Gentleman de 1974, il reste les flacons anciens, qu’on trouve en brocante et sur les sites de vente entre particuliers, à condition d’accepter qu’un parfum mal conservé vieillit comme un vin ouvert.
Vos questions sur les parfums mythiques pour homme
Quel est le parfum pour homme le plus mythique ?
Si l’on juge à l’influence, Eau Sauvage de Dior (1966), dont descend toute la parfumerie fraîche moderne. Si l’on juge à l’ancienneté, Pour Un Homme de Caron (1934), le premier grand parfum conçu pour les hommes. Si l’on juge aux ventes, Sauvage de Dior (2015). Trois réponses, et j’assume les trois.
Quel est le plus vieux parfum pour homme encore en vente ?
L’Eau de Cologne de Farina, créée en 1709 et toujours fabriquée à Cologne par la même famille, est le plus ancien parfum encore en vente, mais elle n’était pas pensée pour les hommes en particulier. Le plus ancien parfum explicitement masculin encore au catalogue est Mouchoir de Monsieur de Guerlain (1904). Et le plus ancien grand masculin de la parfumerie moderne, Pour Un Homme de Caron, a fêté ses 90 ans en 2024.
Les parfums mythiques sont-ils démodés ?
Certains, oui, et c’est très bien : porter Kouros ou Azzaro pour Homme en 2026, c’est un choix, pas un hasard, et c’est ce qui les rend intéressants. D’autres n’ont jamais été à la mode, donc ne peuvent pas se démoder : Vétiver de Guerlain, Pour Monsieur de Chanel, Terre d’Hermès. Le vrai risque n’est pas de sentir vieux, c’est de sentir comme tout le monde, et là, ce sont les parfums récents qui sont en danger.
Par lequel commencer ?
Par celui que vous pouvez sentir facilement. Eau Sauvage, Habit Rouge, Fahrenheit, Terre d’Hermès et Bleu de Chanel sont dans toutes les parfumeries. Demandez une mouillette de chacun, rentrez chez vous, et sentez-les à nouveau le soir. Vous saurez vite de quel côté de l’histoire vous êtes. Pour la méthode complète, j’ai écrit comment choisir un parfum.
Un parfum mythique, au fond, c’est un parfum que quelqu’un a porté avant vous et que quelqu’un portera après. Le vôtre n’est peut-être pas dans cette liste. Mais il y a de bonnes chances qu’il en descende.
À bientôt, Arnaud
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