Baskets et sneakers de luxe pour homme
Les meilleures marques et nos conseils.
Une paire de baskets à 700 euros ??? Il y a dix ans, la phrase faisait doucement sourire. Aujourd’hui, elles remplissent les vitrines de l’avenue Montaigne et ornent les pieds des cadres le vendredi « casual friday ». La sneaker de luxe est devenue un objet de statut, au même titre qu’une montre ou un sac, et c’est très bien comme ça. Le problème, c’est qu’entre une basket « de luxe » et une basket juste chère, il y a parfois un monde. Et c’est rarement celui qu’on croit.
J’ai eu beaucoup de baskets. Des Converse pendant des années, qui n’ont rien de haut de gamme mais que j’ai usées jusqu’à la corde. Des Nike, qui restent, quoi qu’on en dise, parmi les paires les plus agréables à porter et qui ont toujours un sacré look. Et pendant longtemps, des marques beaucoup plus confidentielles, comme Garçonne & Chérubin. J’en porte moins aujourd’hui. Je les garde pour les jours plus décontractés, avec un jean ou un chino, simplement. Et je vais vous faire un aveu : j’ai souvent trouvé que la paire était chèrement payée pour ce qu’elle est. Je préfère mettre beaucoup d’argent dans de vraies belles chaussures en cuir, une paire de boots, des Malfroid, des Red Wing, des Paraboot. Mais je comprends parfaitement qu’on aime les baskets et qu’on ait envie d’investir une jolie somme dans une paire agréable à porter, et un peu plus statutaire que les Adidas de chez Intersport. Alors faisons les choses bien.
Sur cette page
Mais qui est derrière cette sélection ?
Moi, Arnaud Chanteloup. J’ai fondé Verygoodlord en 2012, un média indépendant consacré au style masculin. Je choisis les sneakers de cette page pour leur cuir, leur montage et leur allure, pas pour le nom écrit dessus, et je mets la sélection à jour chaque saison. Une marque à me suggérer ? Écrivez-moi.
Certains liens de cette page sont affiliés : si vous achetez, je touche une petite commission, sans surcoût pour vous. Certaines marques sont des partenaires, mais ça ne change rien à mon avis.

Trois paires de sneakers haut de gamme pour commencer
Pour ceux qui veulent aller droit au but, voici les trois paires que je regarderais en premier. Une maison de mode parisienne à prix cassé, une basket française cousue main au Portugal, et une italienne fabriquée par ceux qui travaillaient pour les grandes maisons. Les autres signatures arrivent juste après. Prix relevés chez les marchands en octobre 2026.

AMI PARIS
Low Top
La maison d’Alexandre Mattiussi, fondée en 2011, fait partie des rares marques de mode parisiennes qui savent rester sobres. Cette basket basse en nappa écru porte son nom en relief sur la languette et au talon, sans en faire des tonnes, sur une semelle exclusive fabriquée au Portugal. Affichée 480 euros, elle passe à 144 : c’est le ticket d’entrée le plus malin dans une maison de mode, tant qu’il reste votre pointure.
Cuir d’agneau finition nappa, logo AMI en relief au talon et sur la languette, semelle AMI Paris fabriquée au Portugal, du 40 au 45 (dernières pièces)
144 € 480 €

NATIONAL STANDARD
Edition 6
Une marque parisienne née en 2010, qui fait fabriquer à la main au Portugal des baskets d’une sobriété presque monacale. Celle-ci marie un nappa blanc et un suède sable : elle passe partout sans jamais faire « basket de sport ». La doublure mêle coton et cuir, la semelle est cousue. Elle taille grand, prenez une demi-pointure en dessous.
Cuir nappa et suède, doublure coton bio et cuir, semelle caoutchouc cousue main, fabriquée au Portugal, livrée avec une seconde paire de lacets, du 40 au 45
238 €

DIEMME
Movida 92
Diemme fabrique des chaussures de montagne en Vénétie depuis 1992, et a longtemps travaillé en coulisses pour de grandes maisons. La Movida est sa basket la plus connue, dessinée à l’origine comme une chaussure d’approche. Ici en cuir lisse noir, avec un bord brut qui lui donne du caractère. C’est la paire de ceux qui veulent du luxe sans que personne ne le remarque.
Tige cuir de vache, semelle caoutchouc à crampons discrets, fabriquée en Italie, pointures italiennes du 40 au 45 (beaucoup de dernières pièces)
420 €
Les marques de sneakers de luxe à connaître
On met tout dans le même sac, mais il y a trois familles bien distinctes. Celles qui vendent un cuir et une forme sans crier leur nom. Celles qui vendent une signature de créateur, reconnaissable à vingt mètres. Et les artisans, qui font le même travail que les premières pour la moitié du prix. Savoir dans laquelle on achète, c’est déjà savoir ce qu’on paie. Les € donnent l’ordre de prix, d’un (moins de 250 euros) à quatre (plus de 700).
Le luxe discret
Common Projects
€€ · Italie
La basket blanche parfaite sans logo, lancée en 2004 à New York. Son Original Achilles n’a pour signature que des chiffres dorés sur le talon, autour de 385 euros. Seul reproche, réel : le cuir se plisse vite.
Loro Piana
€€€€ · Italie
La maison du cachemire fait des baskets comme des pulls. La 360 Flexy Walk, dessus tricoté en laine, autour de 850 euros : le confort absolu, que seuls les initiés reconnaîtront.
Brunello Cucinelli
€€€€ · Italie
Daim, cuir lisse, coloris de pierre et de sable, souvent plus de 600 euros. Si vous portez déjà du Cucinelli, ce sont vos baskets. Sinon, regardez d’abord chez les artisans.
Les maisons de mode
Maison Margiela
€€€€ · Italie
La Replica, ou GAT : la basket d’entraînement de l’armée ouest-allemande, rachetée en surplus par Martin Margiela et défilée en 1999. Une basket de soldat au prix d’un costume, il aurait adoré l’ironie.
Golden Goose
€€€ · Italie
Née près de Venise en 2000, inspirée des skateurs de Los Angeles : des paires neuves vieillies à la main, avec l’étoile sur le côté. La Super-Star démarre autour de 460 euros. Un vrai parti pris.
Balenciaga
€€€€ · Italie
La Triple S de Demna, en 2017 : trois semelles empilées, et la mode des grosses baskets de papa était lancée. On l’adore ou on la déteste. Moi, je la regarde passer, avec un certain respect.
Alexander McQueen
€€€ · Italie
L’Oversized Sneaker, semelle démesurée et contrefort contrasté, a habillé les terrasses parisiennes de la fin des années 2010. Elle signe une époque, et vieillira plus vite qu’une Achilles.
AMI Paris 🇫🇷
€€€ · France
La maison d’Alexandre Mattiussi, lancée en 2011. Des baskets nettes, un cœur et un nom en relief, autour de 400 à 500 euros au prix fort. Le luxe de mode le plus portable de la liste.
Le haut de gamme sans logo
C’est ma famille préférée, et je ne m’en cache pas. Mêmes cuirs, mêmes montages que les grandes maisons, parfois les mêmes usines. Ils s’arrêtent juste avant le logo.
Diemme 🇮🇹
€€ · Italie
Fondée en 1992 à Montebelluna, berceau de la chaussure de montagne. L’usine a longtemps produit pour Chanel ou Margiela avant de signer la Movida.
National Standard 🇫🇷
€ · Portugal
Paris, 2010, et une obsession pour la basket simple et bien coupée, fabriquée à la main au Portugal. Le genre de paire qu’on oublie qu’on porte, et c’est un compliment.
Philippe Model 🇫🇷
€€ · Italie
Une signature parisienne, une fabrication italienne, des modèles rétro et running entre 275 et 350 euros. La basket de luxe qui assume un peu de fantaisie.
Garçonne & Chérubin 🇫🇷
€ · France
Celle-là, je l’ai beaucoup portée. Deux musiciens parisiens, une première paire en 2014, la Jazzette. Confidentiel, coloré, élégant sans prétention.
Nike
€ · Asie
Pas du luxe, je ne vais pas tricher. Mais si la question est « quelle paire vais-je porter le plus avec plaisir », la réponse coûte parfois 120 euros. Je dis ça, je ne dis rien.
Ma sélection de sneakers de luxe par budget
Les trois paires du haut de page restent mes premiers choix. En voici d’autres, rangées par prix, pour comparer avant de sortir la carte bleue.
Moins de 250 euros
Sous 250 euros, on ne parle pas encore de luxe au sens où l’entendent les maisons. On parle de baskets bien faites, et c’est souvent plus intéressant. L’AMI Paris et la National Standard Edition 6 du haut de page jouent aussi dans cette catégorie, et l’Edition 3 existe en cuir grainé bleu foncé au même prix. Si vous cherchez avant tout une paire blanche, j’ai aussi listé les meilleures alternatives à la Stan Smith.

NATIONAL STANDARD
Edition 3
La basket blanche façon tennis, sans un gramme de superflu. Le cuir grainé cache les plis mieux qu’un cuir lisse, ce qui règle le principal défaut des baskets blanches haut de gamme. Sous 200 euros, je ne connais pas beaucoup mieux.
Cuir nappa grainé blanc certifié LWG Gold, doublure coton bio et cuir, semelle caoutchouc naturel cousue main, fabriquée au Portugal, taille normalement
198 €

NATIONAL STANDARD
Edition 33
La même maison, en version foncée, qui mêle nappa et veau velours. C’est celle que je prendrais pour l’hiver : elle supporte mieux un jean brut et un trottoir mouillé qu’une blanche. Livrée avec une pochette et une seconde paire de lacets.
Cuir nappa et veau velours certifiés LWG Gold, doublure coton bio et cuir, semelle caoutchouc naturel cousue main, fabriquée au Portugal, du 40 au 45 (dernières pièces)
220 €

AUTRY
Medalist Low
Pas une basket de luxe, soyons honnêtes : une tennis américaine de 1982, relancée par deux Italiens. Mais un cuir de vachette, une semelle épaisse et ce petit drapeau qui rappelle les courts des années 80. Pour ceux qui veulent un peu plus de caractère qu’une basket minimaliste.
Tige 100 % cuir de vachette, perforations sur l’avant, doublure cuir de porc et coton, semelle caoutchouc, pointures américaines
175 €
De 250 à 500 euros
Entre 250 et 500 euros, on entre dans le vrai haut de gamme : doublure cuir, semelle cousue, fabrication italienne ou portugaise soignée. C’est la tranche de la Movida 92 noire du haut de page et de toute la gamme Diemme, mais aussi de la Common Projects Original Achilles, autour de 385 euros chez les revendeurs, et des Philippe Model. À mon sens, c’est là que l’argent dépensé se voit et se sent le mieux.

DIEMME
Movida
La Movida d’origine, dans un coloris sable qui va avec tous les pantalons clairs de la garde-robe, du chino beige au lin de l’été. C’est la version que je prendrais pour une première paire Diemme : plus douce que la noire, moins salissante qu’une blanche.
Cuir, semelle caoutchouc, fabriquée en Italie, pointures italiennes du 41 au 45 (dernières pièces)
420 €

DIEMME
Movida 92 grise
La sœur de la noire du haut de page, en cuir lisse gris avec le même bord brut contrasté. Le gris est la couleur la plus sous-estimée pour une basket : il va avec le marine, le kaki, le denim, et il vieillit sans jamais faire sale.
Tige en cuir de vache lisse, bord brut contrasté, du 40 au 45 (dernières pièces)
420 €
Plus de 500 euros
Au-delà, on achète une maison : la Replica de Margiela, la Super-Star de Golden Goose, la 360 Flexy Walk de Loro Piana, les modèles de Brunello Cucinelli. La qualité suit, globalement. Mais la part du prix qui paie le nom grossit à mesure que l’étiquette monte. Ce n’est pas un défaut, c’est le principe même du luxe : on achète aussi une histoire, un dessin, une appartenance. Faites-le en connaissance de cause, c’est tout ce que je demande. Et si vous voulez la même exigence sans le nom, revenez aux trois paires du haut de page.
À lire ensuite
Des baskets aux souliers, et des souliers au reste de la garde-robe : quelques lectures pour aller plus loin.
Ce qu’on paie vraiment dans une basket de luxe
Je l’écrivais déjà en 2020 : il faut comparer ce qui est comparable, gamme de prix par gamme de prix. Une basket à 245 euros bien construite peut être meilleure qu’une basket à 700 euros. Voici les quatre points à regarder avant le nom.
1 | Le cuir
C’est le premier poste, et le plus trompeur. La plupart des baskets du marché utilisent un cuir rectifié et recouvert d’un film plastique : brillant le premier jour, craquelé au bout de quelques mois. Une paire haut de gamme utilise un cuir pleine fleur, nappa ou veau velours, qui se patine au lieu de se fendiller. Touchez-le. Un bon cuir est souple, un peu chaud, et il ne sent pas la colle.

2 | La doublure
Retournez la languette, regardez à l’intérieur. Une doublure en cuir respire, absorbe l’humidité et dure aussi longtemps que l’extérieur. Une doublure synthétique se déchire au talon en deux saisons. C’est le détail le plus révélateur d’une basket, et celui que les marques de mode négligent le plus volontiers.
3 | La semelle et le montage
Sur une basket, la semelle est soit collée, soit cousue. La semelle cousue, qu’on appelle cupsole quand elle remonte autour du pied comme une coque, tient plus longtemps et peut parfois être remplacée par un cordonnier qui connaît son affaire. Une semelle en caoutchouc naturel ou signée Vibram vieillit mieux que la mousse injectée bon marché.

4 | Le lieu de fabrication
L’Italie, avec la Vénétie et les Marches, reste la référence pour la basket de luxe. Le Portugal fait aujourd’hui un travail remarquable pour beaucoup moins cher. Ni l’un ni l’autre ne garantit rien à lui seul, mais un « Made in » clairement affiché est bon signe. Quand une marque reste floue sur l’endroit où elle fabrique, demandez-vous pourquoi.
Ma règle, pour finir : au-dessus de 400 euros, si la paire n’a ni doublure cuir ni semelle cousue, vous payez le logo. C’est votre droit. Mais sachez-le.
Comment porter des sneakers de luxe ?
Simplement. C’est toute la force d’une belle basket : elle n’a pas besoin qu’on en fasse trop autour. Avec un jean brut et un pull marin, avec un chino beige et une chemise en oxford, le samedi comme le vendredi au bureau. Le pantalon doit tomber juste sur la chaussure, sans s’accumuler en accordéon au-dessus.
Avec un costume ? Oui, à condition de choisir un costume décontracté, en coton, en lin ou en laine légère, et une basket minimaliste, blanche ou de la couleur du costume. Une Achilles ou une Movida noire sous un costume marine, ça fonctionne. Une Triple S sous un costume croisé, beaucoup moins, sauf si vous êtes mannequin à la fashion week. Et pour un mariage où l’on vous demande une tenue de ville, gardez vos souliers.
Un dernier point, qui vaut pour toutes les baskets mais plus encore pour celles-là : elles doivent être propres. Une basket à 400 euros sale fait plus négligé qu’une Converse usée. C’est injuste, mais c’est comme ça.

Et pour l’entretien ?
Traitez-les comme des souliers. Des embauchoirs en bois dès que vous les retirez, ce qui limite les plis sur le dessus. Une brosse douce et un chiffon humide pour le cuir lisse, une gomme à daim et un imperméabilisant pour le veau velours, avant la première sortie et pas après la première flaque. Une crème neutre de temps en temps pour nourrir le cuir. Et jamais la machine à laver, quoi qu’en dise votre beau-frère. J’ai listé le matériel dans les 10 accessoires pour entretenir ses chaussures.
Où acheter des sneakers de luxe sans se faire avoir ?
Les baskets de luxe sont parmi les objets les plus contrefaits au monde. Achetez-les neuves chez la marque ou chez un revendeur officiel connu. Une Margiela à 150 euros sur une place de marché, ce n’est pas une affaire, c’est une copie. Méfiez-vous aussi des sites inconnus qui affichent 70 % de remise sur toute une collection, toute l’année.
La seconde main, en revanche, est une excellente idée. Les baskets de luxe perdent beaucoup de valeur dès la première sortie, et on trouve des Common Projects ou des Golden Goose peu portées pour une fraction du prix neuf. Passez par une plateforme qui authentifie les pièces, vérifiez les photos de la semelle intérieure et de l’étiquette, et demandez la boîte. Sur une basket qui a déjà été portée, un bon cuir se voit encore mieux qu’en boutique.
Sneakers de luxe homme : vos questions
Quelle est la meilleure marque de baskets de luxe pour homme ?
Pour une première paire polyvalente, Common Projects reste la référence du luxe discret. Pour le même niveau de fabrication à un prix plus doux, regardez Diemme, National Standard ou Philippe Model. Margiela, Golden Goose et Balenciaga vendent avant tout une signature de créateur.
Combien coûte une paire de sneakers de luxe ?
Comptez de 250 à 500 euros pour une basket haut de gamme bien construite, et de 450 à plus de 850 euros pour une paire signée par une grande maison, comme Golden Goose, Margiela ou Loro Piana.
Les baskets de luxe valent-elles leur prix ?
Oui, quand le prix paie un cuir pleine fleur, une doublure cuir et une semelle cousue. Au-dessus de 400 euros sans ces trois éléments, une bonne partie du prix rémunère le logo.
Peut-on porter des sneakers de luxe avec un costume ?
Oui, avec un costume décontracté en coton, en lin ou en laine légère, et une basket minimaliste blanche ou de la couleur du costume. Évitez les modèles à grosse semelle et gardez des souliers pour les tenues de cérémonie.
Comment éviter les contrefaçons ?
Achetez chez la marque ou chez un revendeur officiel, et passez par une plateforme qui authentifie les pièces pour la seconde main. Un prix très inférieur au neuf sur un modèle récent est presque toujours le signe d’une copie.
Une dernière chose. La plus belle basket du monde reste une basket : elle s’use, elle se raye, elle finit un jour au fond du placard. Choisissez-la pour le plaisir qu’elle vous donnera chaque matin, pas pour le regard des autres. Le regard des autres, de toute façon, tombe rarement sur vos pieds.
À bientôt, Arnaud
