MONTRES HOMME

Oris « star »

Oris Star Edition watches and wonders 2026 neo vintage

Si vous suivez Verygoodlord depuis un moment, vous savez qu’on a un faible pour Oris. Elle fait partie de nos marques de coeur que l’on suit depuis des années. On a visité leur manufacture, leur boutique parisienne, on a décortiqué l’Aquis, la Pointer Date, la Divers Date, la ProPilot, la Sixty-Five Chronograph… Bref, on connaît la maison – presque – comme notre poche. Et c’est justement parce qu’on la connaît bien qu’on peut vous dire que l’Oris Star Edition, dévoilée à Watches & Wonders 2026, n’est pas une simple réédition vintage de plus. C’est un banger !

L’histoire que vous ne connaissez (peut-être) pas

Pour comprendre pourquoi cette montre nous enthousiasme à ce point, il faut accepter un petit détour par l’Histoire — avec un grand H. Pas trop long, c’est promis, mais cela mérite quelques explication.

Dans les années 1930, l’industrie horlogère suisse, frappée par la Grande Dépression, instaure le « Statut horloger » : une loi censée réguler la concurrence entre fabricants. En pratique, cette législation empêche les manufactures indépendantes comme Oris de produire des mouvements à échappement à ancre — le standard de précision de l’époque — réservés aux grandes maisons. Pendant plus de trente ans, Oris est donc contrainte de fabriquer exclusivement des montres à échappement à chevilles : fiables, certes, mais perçues par le marché comme des mouvements « inférieurs ». Imaginez la frustration… Vous savez faire mieux, vous avez les compétences, les ateliers, les horlogers — mais la loi vous l’interdit. C’est quand même totalement dépourvu de logique et de raison.

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En 1956, Oris décide de se battre. La marque engage un jeune avocat bâlois, le Dr Rolf Portmann (en portrait ci-dessus), en lui confiant une mission unique : faire tomber le Statut horloger. S’ensuit une bataille juridique de neuf ans contre le puissant lobby des fabricants de mouvements suisses, un « cartel horloger » qui n’avait aucun intérêt à voir la concurrence s’ouvrir. En 1965, Portmann obtient gain de cause : le Statut est abrogé. Oris est enfin libre.

L’année suivante, en 1966, la marque présente l’Oris Star : sa toute première montre équipée d’un mouvement à échappement à ancre développé en interne. C’est bien une nouvelle montre, mais c’est surtout le symbole d’une émancipation. Aujourd’hui âgé de 90 ans, le Dr Portmann est toujours président d’honneur d’Oris. Comme le souligne l’historien Gisbert L. Brunner dans son ouvrage The Watch Book Oris, sans la détermination de Portmann, le Statut horloger serait resté en vigueur bien plus longtemps, et l’horlogerie suisse telle qu’on la connaît — celle où des indépendants peuvent rivaliser avec les grands groupes — n’existerait peut-être pas.

Si ça, ce n’est pas une histoire qui mérite une montre, on ne sait pas ce qu’il vous faut.

Ci-dessous : à gauche une publicité Oris Star d’époque | à droite : Ulrich W. Herzog (gauche) et Dr. Rolf Portmann (droite) en 1982

La ORIS Star Edition 2026 : 35 mm de pur vintage

Passons à la montre elle-même. Et là, Oris fait un choix courageux : la fidélité totale. Pas de « réinterprétation contemporaine » comme on peut souvent nous le répéter, pas de boîtier gonflé à 39 mm pour coller aux tendances, pas de lunette céramique greffée pour justifier un prix plus élevé. La Star Edition est une réédition au sens noble du terme.

Le boîtier tonneau en acier mesure 35 mm de diamètre pour 41,50 mm de corne à corne. C’est compact, c’est élégant, et c’est exactement la taille de l’originale de 1966. On repense à ces montres vintage des années 1960 qu’on déniche dans les marchés aux puces et qui tiennent si bien au poignet, et bien la Oris Star Edition a cette même grâce. Les cornes, parfaitement intégrées, se fondent dans le bracelet en cuir noir avec une fluidité que seules les formes tonneau réussissent vraiment.

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Le cadran argenté brossé est d’une sobriété remarquable. Les index bâtons sont appliqués, les aiguilles ont ces extrémités carrées caractéristiques du modèle original, et les mentions « Star », « Automatic » et « 26 Jewels » sont placées en arc de cercle dans la partie basse du cadran, un trait typiquement sixties que les amateurs reconnaîtront tout de suite. Le guichet de date à 3 heures est asymétrique, encadré d’un cerclage poli qui ajoute un soupçon de profondeur.

Et puis il y a le verre. En plexiglas. Oui, du plexiglas. Pas du saphir, pas du cristal minéral : du plexiglas bombé, comme sur les montres de l’époque. C’est un choix qui fera bondir les pragmatiques (ça se raye plus facilement) et sourire les puristes (ça se polit au Polywatch et ça donne ce galbe chaud et organique que le saphir ne reproduira jamais). De notre côté, on adore ! C’est cohérent avec l’esprit de la montre, et ça contribue à son charme immédiat.

Dernier détail qui fait plaisir : le fond de boîte vissé est gravé du blason Oris des années 1960. Un logo stylisé qu’on n’a pas vu depuis des décennies et qui rappelle que cette marque a plus de 120 ans d’histoire derrière elle.

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Calibre Oris 733 : on connaît, on approuve

À l’intérieur bat le Calibre Oris 733, un mouvement automatique qu’on connaît bien puisqu’il anime déjà la Divers Date et la ProPilot Date. C’est un mouvement basé sur le Sellita SW200-1, retravaillé par Oris, qui offre 41 heures de réserve de marche, un stop-seconde et un passage de date instantané. Certes ce n’est pas un mouvement manufacture — pour ça, il faut monter vers le Calibre 400 — mais dans le contexte d’une montre à 1 800 €, c’est exactement le bon choix. Fiable, éprouvé, facile à entretenir. Pas de révolution mécanique, mais un calibre fiable, éprouvé et facile à entretenir, ce à quoi répond parfaitement le 733. Et surtout, il permet d’atteindre un prix plus raisonnable.

Ci-dessous une montre Oris équipée du calibre 733.

EN série non limitée : la bonne nouvelle

On va être directs : à 1 800 €, en série non limitée, la Oris Star Edition est une aubaine. On parle d’une montre mécanique automatique suisse, un design superbe, avec un boîtier tonneau en acier parfaitement fini, un cadran d’une lisibilité exemplaire, un verre plexiglas vintage, un fond gravé historique, le tout porté par une histoire absolument remarquable. Dans cette gamme de prix et avec autant de charme, rares sont les marques qui peuvent mettre autant de substance dans une seule montre.

Le fait qu’Oris ait choisi de ne pas limiter la production montre qu’elle veut que cette montre soit portée, pas spéculée. C’est cohérent avec l’ADN de la maison depuis toujours : une horlogerie mécanique de qualité, accessible, sans chichis.

Notre avis sur cette nouveauté ORIS

On ne va pas se mentir : quand on a découvert la Oris Star Edition, on a eu un vrai coup de cœur. La forme tonneau, le cadran argenté brossé, les proportions compactes, le plexiglas, tout fonctionne ensemble avec une cohérence qui donne envie de la passer au poignet immédiatement. C’est une montre qui n’essaie pas d’impressionner, mais qui dégage quelque chose de profondément juste.

Ce qui nous séduit par-dessus tout, c’est le rapport entre l’objet, son histoire et son design. La Star originale de 1966 n’était pas qu’une jolie montre : c’était la preuve qu’Oris avait gagné sa liberté. La Star Edition de 2026 perpétue cette idée. Oris débarque avec une montre à 1 800 € qui raconte l’un des combats les plus importants de l’horlogerie suisse du XXe siècle. Et elle le fait avec une élégance et une sincérité qui forcent le respect.

Disponible à partir de mai 2026. On a hâte.


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Fiche technique : Oris Star Edition (Réf. 733 7813 4151-07 5 17 02)

MouvementOris Calibre 733, automatique, Swiss Made
Réserve de marche41 heures
FonctionsHeures, minutes, secondes, date instantanée à 3h, stop-seconde, réglage fin
BoîtierAcier inoxydable, forme tonneau, 35 mm, corne à corne 41,50 mm
CadranArgenté brossé, index bâtons appliqués, mentions « Star », « Automatic », « 26 Jewels »
LuminescenceSuperLumiNova sur aiguilles et index
VerrePlexiglas bombé
FondVissé, acier inoxydable, gravure du blason Oris années 1960
CouronneVissée, acier inoxydable
Étanchéité50 mètres (5 ATM)
BraceletCuir noir, boucle ardillon
LimitationSérie non limitée
DisponibilitéMai 2026
Prix1 800 €

Pour aller plus loin : l’histoire complète d’Oris · la Pointer Date 2025 · la Divers Date 2024 · la Divers Sixty-Five Chronograph · l’Aquis 2024 · la ProPilot Date · la boutique Oris Paris · Watches and Wonders 2026



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