ORIS

histoire oris

L’histoire d’une marque n’est jamais linéaire. Surtout quand celle-ci a plus d’un siècle derrière elle. C’est le cas de la maison Oris, fondée en Suisse en 1904 et qui demeure aujourd’hui l’une des dernières grandes marques d’horlogerie indépendante.

La création d’Oris

Il était une fois Paul Cattin et Georges Christian, deux entrepreneurs originaires du Locle, une petite ville Suisse située non loin de La Chaux de Fonds dans le canton de Neuchâtel.

Un petit atelier repris en 1904

Cette région est déjà, à cette époque, parsemée d’ateliers d’horlogerie, dont celui de Lohner & Nägelin fondé en 1902 et situé dans le village de Holstein (vallée de Waldenburg ; canton de Bâle). Après deux ans d’exercice, ce petit atelier de 24 personnes mit la clef sous la porte en 1904 faute de trésorerie suffisante. C’est à ce moment que Paul et Georges décidèrent de reprendre cette société pour créer leur marque de montres qu’ils nommeront Oris en référence à un ruisseau et une vallée situés non loin de Hölstein.

Des montres Lohner & Nägelin

Une fois installés, Paul et Georges continuèrent de produire les montres équipées de mouvement à ancre à cheville que fabriquait « Lohner & Nägelin » auparavant. Ce type de mouvement était un atout pour cet atelier car il était moins cher à fabriquer que ceux à ancre suisse, notamment du fait de la simplicité des dents de la roue d’échappement d’un tel mouvement

Le succès arrive dès 1910

Malgré la plus faible précision de ce mouvement à ancre à cheville par rapport aux autres, Oris arrive à force de développement à sortir des montres fiables et précises, se faisant petit à petit une excellente réputation dans le domaine des montres abordables. Si bien qu’en 1910, la maison récemment reprise emploie déjà 300 personnes dans son atelier et ne cesse de croitre.

La marque change de mains à la fin des années 1920 après la disparition de ses deux fondateurs. C’est à ce moment qu’elle est rachetée par plusieurs investisseurs et c’est Jacques-David LeCoultre qui prendra la direction la société. A noter que Jacques-David est le petit-fils d’Antoine LeCoultre, l’horloger qui est à l’origine – avec Edmond Jaeger – de la marque Jaeger-LeCoultre.

Usine Oris de Ziefen en 1925
L’usine Oris de Ziefen en 1925

1926 : une montre toutes les 3 secondes

En 1926, la marque annonce qu’une montre Oris est fabriquée toutes les 3 secondes et 4 ans plus tard, en 1930, elle fait tourner 5 usines qui produisent à la fois pour Oris et pour d’autres marques. Le succès est au rendez-vous. En 1938, Oris sort sa « Pointer Date« , qui a la particularité d’afficher la date avec une aiguille, là où les autres marques l’affichent dans un guichet. C’est un succès et c’est surtout la montre qui deviendra une des signatures de la marque.

Oris Pointer Calendar 1938
La Oris Pointer Date de 1938
L’atelier Oris en 1938, où était fabriquée notamment la Pointer Date

Une page se tourne au milieu du XIXe

Malgré un certain ralentissement pendant la Seconde Guerre Mondiale entre 1939 et 1945 Oris s’en sort bien, surtout grâce à ses horloges et ses réveils.

Une marque au sommet de son art

Elle lance en 1952 son mouvement à remontage automatique « 601 » doté d’un indicateur de réserve de marche. En 1968, Oris reçoit sont premier certificat de « chronomètrie » de la part de L’Observatoire Astronomique et Chronométrique de Neuchâtel pour son Calibre 652, ce qui est une prouesse pour une montre à ancre à cheville. C’est aussi l’époque de la création de sa fameuse plongeuse « Sixty Five » en 1965, ou de la « Chronoris » en 1970. La marque ne cesse de croître jusqu’à la fin des années 60 où elle produit plus d’un million de pièces par an et emploie 900 employés dans ses usines. À cette époque, Oris est au sommet de son art et de sa forme.

Choc chez Oris : la crise du quartz

C’est à ce moment que la marque qui ne fabrique que des montres mécaniques est frappée – comme toutes les autres – par la fameuse « crise du quartz » qui la pousse progressivement au bord du gouffre, jusqu’à la faillite. Cette crise fut un tremblement de terre dévastateur pour l’industrie Suisse de l’horlogerie et 700 ateliers et marques fermèrent leurs portes en quelques années à cette époque. En 1970, Oris est revendue à l’ASUAG (L’Allgemeine Schweizerische Uhrenindustrie AG), une société qui fusionnera plus tard avec la « Société suisse pour l’industrie horlogère » (SSIH) pour créer la « Société de Microélectronique et d’Horlogerie » (SMH), qui est aujourd’hui connue sous le nom de … « Swatch Group » !

Douze ans après son rachat, en 1982 alors qu’elle est au bord du précipice, Oris fut vendue par sa maison mère et rachetée par deux de ses employés : son directeur général, le Dr. Rolf Portmann qui avait rejoint la société en 1956 et son directeur marketing, Ulrich Herzog qui était arrivé en 1978. A deux, il sauvent ce qu’il peuvent et reprennent Oris avec seulement une douzaine d’employés, un stock de 250.000 pièces et de quoi en produire encore 1 million supplémentaire.

Ulrich W. Herzog (gauche) / Dr. Rolf Portmann (droite) - 1982
Ulrich W. Herzog (gauche) / Dr. Rolf Portmann (droite) – 1982

Malgré les remous, la marque sort la tête de l’eau et continue de produire ces montres fiables et abordables qui avaient fait sa réputation pendant des décennies. Elle tourne le dos au quartz en ne produisant que des montres mécaniques qui coûtent entre 1000 et 2000€, un segment de prix « milieu de gamme » sur lequel peu de marque ont voulu rester.

Le lumière au bout du tunnel

Doucement mais sûrement, la marque retrouve une clientèle et continue de remonter la pente au cours des années 90, toujours dans une gamme autour de 1500€ sans inflation de ses prix comme cela a pu être le cas chez de nombreuses marques.

1982 : la reprise d’Oris

Depuis sa reprise en 1982, la marque a pris la décision de ne plus produire ses propres mouvements pour la majorité de ses montres, même s’il y a toujours aujourd’hui certains modèles avec des mouvements de manufacture et elle se concentre sur le développement de modules qu’elle installe sur ceux de chez ETA ou Sellita. Elle abandonne d’ailleurs le quartz en 1982 pour ne produire que des montres mécaniques.

Publicité Oris de 1988

La relance d’Oris dans les années 90

En 1995, Oris lance son premier mouvement de régulateur, le Calibre 649 sur la base d’un ETA 2836-2, puis le Calibre 581 en 1996 qui dispose d’une phase de lune et de trois compteurs date / jour / second fuseau horaire, sur une base de ETA 2688/2671. La même année, elle lance avec le saxophoniste Andy Sheppard sa première montre en relation avec le monde du jazz. Suivront d’autres hommages notamment sur Miles Davis, Louis Armstrong, Duke Ellington ou encore Charlie Parker.

Un premier « Worldtimer »

En 1997 l’entreprise lance la WorldTimer et son calibre 690 construit sur une base d’ETA 2836-2, qui permet à l’utilisateur d’ajuster l’heure d’un second fuseau horaire en avant ou en arrière par bonds d’une heure en utilisant des poussoirs sur le bas du boîtier. La montre disposait également d’un système breveté dans lequel la date recule si l’heure locale est décalée par rapport à minuit.

Oris Worldtimer

Oris cultive peu à peu son image de maison sérieuse et élégante. Son Rotor Rouge qu’on peut voir sur ses fonds transparents devient une marque déposée en 2002 et elle fête ses 100 ans en bonne forme en 2004.

Oris mouvement 690 – 1997
fond masse oscilante oris aquis
Le rotor rouge de la Oris Aquis Date

Oris à la conquête des profondeurs

Elle lance la Aquis Depth Gauge en 2013, qui indique la profondeur sous marine au moyen d’un canal circulaire entourant le cadran. C’est une première qui a été brevetée par la marque. En 2014, elle annonce le lancement de son premier mouvement entièrement développé en interne depuis 35 ans, appelé Calibre 110 (du nom du 110e anniversaire de la marque). Le nouveau mouvement à remontage manuel avec une réserve de marche de 10 jours à partir d’un seul barillet fait ses débuts dans la montre Oris 110 Years Limited Edition, disponible dans un boîtier en acier ou en or rose et limitées à 110 pièces chacune.

Oris Depth Gauge
Oris Depth Gauge

2015 : lancement de la Diver Sixty-Five

En 2015, elle sort la première version de la populaire Diver Sixty-Five, une réédition moderne d’un montre de plongée lancée en 1965. Le modèle original avait à l’époque un boîtier en laiton chromé, un verre plexiglas, une lunette tournante bidirectionnelle et un bracelet en plastique noir. La nouvelle version a un boîtier en acier inoxydable de 40 mm, un verre saphir antireflet avec une forme bombée et une lunette unidirectionnelle.

La Diver Sixty Five

La marque Oris aujourd’hui

Sa devise qui était pendant un temps « Real watch for real people » illustre bien l’esprit de simplicité que souhaite véhiculer la marque. Rien de tapageur chez Oris, on aime le jazz, la plongée et les montres en acier. On retrouve peu de pierres ou de métaux précieux et on réédite les boitiers vintage qui rappellent l’histoire de la maison. Les montres embarquent des mouvements ETA ou Sellita qui permettent d’obtenir des pièces fiables et à un excellent prix. On retrouve dans la gamme 4 axes qui guident les collections : Plongée ; Culture ; Aviation ; Sport Auto.

La gamme plongée Oris

La gamme plongée est la plus forte de chez Oris. Elle est composée des Prodiver, montres de plongée ultra techniques ; des Aquis (prononcer phonétiquement Akouïsse) qui sont des montres de plongée qui peuvent se porter au quotidien ; et enfin des Divers Sixty Five au look retro.

oris aquis sans date
Oris Aquis Date

La gamme culture

La gamme Culture met quant à elle l’accent sur la sobriété et l’élégance. Les montres de cette gamme sont les plus chères de chez Oris, comme notamment la Oris Artelier Calibre 111 et son mouvement de manufacture développé en interne.

oris power reserve
Oris Artelier Calibre 111

La gamme aviation d’Oris

On retrouve dans la gamme Aviation la Big Crown, une montre au look retro que la marque a lancé dans les années 80. Elle a la particularité d’avoir un affichage de la date avec une aiguille centrale comme la « Pointer Date » de 1938. Les Propilot sont aussi des modèles importants dans cette gamme. Ces montres techniques disposent d’une multitude d’indications en fonction du modèle. La Propilot Paradropper LT Staffel 7 Limited Edition a même été conçu en partenariat avec les Forces aériennes suisses et dispose d’une fonction de timing pour les missions de parachutage et de mesures des surfaces d’atterrissage.

La gamme sport

Dans la gamme Sport Auto il y a notamment la Chronoris, qui est une déclinaison d’un modèle de 1970, dont la version heure / minute / seconde / date séduit de plus en plus pour son côté vintage et sportif dans un boitier de 39mm.

oris chronoris
La Chronoris

Une nouvelle ère depuis 2018

La marque continue petit à petit son évolution et a lancé en 2018 une nouvelle ère sous la devise de « Go Your Own Way » qu’on peut traduire comme « suit ton propre chemin« . Oris est partenaire de nombreux évènements comme Movember, qui met en avant la lutte contre les cancers qui touchent les hommes et elle édite chaque année une édition limitée d’une de ses montres et reverse une partie de ses bénéfices à cette cause. Elle soutient aussi l’association caritative Whale and Dolphin Conservation qui agit pour la protection de ces créatures marines, l’association Pacific Garbage Screening qui développe une technologie pour garder les océans propres en ramassant les déchets plastiques avant qu’ils ne soient déversés dans les océans et enfin l’association Reef Restoration Foundation qui est dédiée à la restauration de la Grande Barrière de Corail.

Oris est aujourd’hui dirigée par deux co-dirigeants, une femme et un homme, Claudine Gertiser-Herzog et Rolf Studer, alors que le Dr. Rolf Portmann est désormais Président Honoraire et Ulrich W. Herzog reste Président de la société.

Le lancement du Calibre 400

En 2020, Oris a lancé son propre mouvement de manufacture qu’elle a développé en interne. Le calibre 400 d’Oris marque une nouvelle ère pour la maison horlogère suisse, combinant performance, fiabilité et indépendance. Après cinq ans de recherche et développement, Oris dévoile un mouvement automatique entièrement conçu en interne, composé de 135 composants dont plus de 30 antimagnétiques, dépassant les normes ISO 764. Avec une réserve de marche exceptionnelle de 5 jours et une précision supérieure aux standards du COSC, le calibre 400 offre une garantie de 10 ans, surpassant même Rolex et Omega.

Une marque fiable

J’ai l’occasion de rencontrer très souvent des horlogers qui vendent de nombreuses marques, dont Oris et je profite toujours de ces moments pour demander en « off » quelles sont les marques les plus fiables, histoire de savoir quoi vous recommander. Oris arrive sans aucun doute dans les premières positions quand il s’agit de la qualité de ses produits dans cette gamme de prix. Elle est connue pour son sérieux et sa fiabilité et c’est le même son de cloche qu’on peut entendre chez les clients de la marque et les passionnés d’horlogerie. La fiabilité ne vient pas uniquement des mécanismes ETA ou Sellita qui sont utilisés, mais aussi par le soin apporté pendant la conception, dont on se rend vite compte quand on prend une montre en main.

Boitier acier Oris Divers Sixty-Five

Quel budget pour s’offrir une Oris

Comptez environ 2000€ pour vous offrir un Oris neuve. La plupart des modèles sont situés dans cette gamme de prix, avec des écarts pour les modèles en bronze , équipé du Calibre 400 ou fabriqués en édition limitée. Certains modèles peuvent parfois aller bien plus haut, comme la Dive Control Limited Edition à 4800€ ou la récente Big Crown Propilot équipée du mouvement de manufacture Oris 115 qui est proposée à 8000€.

Voici quelques modèles ci-dessous.

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