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Raymond WEIL : the fifty

Raymond weil the fifty anniversaire

En 2026, Raymond Weil fête ses 50 ans. Un demi-siècle d’indépendance familiale dans un monde horloger où il n’est pas forcément aisé de faire bande à part en dehors des grands groupes. Pour marquer l’événement, la maison genevoise dévoile « The Fifty », un chronographe limité à 50 exemplaires, animé par un calibre historique Valjoux 23-6 restauré et décoré à la main. Cinquante ans, cinquante pièces, et un niveau de finition qu’on n’avait jusqu’alors jamais vu chez Raymond Weil.

1976-2026 : pourquoi Raymond Weil compte

Petit rappel pour ceux qui ne connaîtrait pas encore bien la marque. En 1976, Raymond Weil, 54 ans, lance sa manufacture en pleine crise du quartz, au moment même où le reste de l’industrie suisse s’effondre. Son pari ? Il mise sur une horlogerie suisse, élégante, bien faite, à un prix accessible. Trois générations plus tard, la marque est toujours là, toujours indépendante, toujours familiale, dirigée par Elie Bernheim, le petit-fils du fondateur. Dans un secteur dominé par les grands groupes (Swatch Group, Richemont, LVMH) Raymond Weil reste l’une des rares exceptions, et c’est tout à son honneur.

La marque s’est construite autour de collections devenues des classiques du segment accessible : la Toccata pour le quartz habillé, la Freelancer pour le mécanique sportif, la Maestro pour la complication élégante, et plus récemment la Millesime, qui a ramené Raymond Weil dans les conversations des passionnés grâce à son esthétique néo-vintage et sa récompense au GPHG 2023 (Prix Challenge pour la Millesime Small Seconds). C’est dans la lignée directe de cette Millesime que s’inscrit The Fifty.

Ci-dessous : une montre de la collection Millesime. En voir plus du Ocarat.com ou https://www.raymond-weil.com/


Le Valjoux 23-6 : un mouvement de 1976 ressuscité

La vraie histoire derrière The Fifty, c’est son mouvement. Au cœur de chacun des 50 exemplaires bat un calibre Valjoux 23-6 d’origine, datant de 1976 — l’année même de la fondation de la marque. Pour les amateurs, le Valjoux 23 est une vieille connaissance : c’est la référence historique à roue à colonnes d’un calibre qui qui a défini les standards du chronographe. Fiable, lisible, avec une architecture rationnelle qui en a fait l’un des calibres chronographes les plus respectés de l’horlogerie suisse.

Si le calibre d’origine date de bien de 1976, chaque mouvement a été intégralement restauré et décoré entièrement à la main. Les ponts de chronographe et le pont de coq sont ornés de Côtes de Genève et traités en ruthénium noir, afin de créer un avec les vis bleuies. Les anglages sont exécutés manuellement, les moulures autour des vis sont délibérément mises en valeur par l’éclat des vis bleuies. C’est très beau et ce qui est à souligner c’est que ce type travail de décoration artisanale est habituellement associé à des niveaux de prix bien supérieurs à ceux pratiqués par Raymond Weil. Le fait que la marque aille chercher un calibre historique, qu’elle le restaure pièce par pièce et le décore à ce niveau de finition pour ses 50 ans en dit long sur ses ambitions.

Le mouvement — rebaptisé RW1976 pour l’occasion — est mécanique à remontage manuel, oscille à 21 600 alternances par heure et offre 40 heures de réserve de marche. Chronographe : petite seconde à 9 heures, compteur 30 minutes à 3 heures, grande seconde chronographe au centre.


Un cadran en quatre actes

Le cadran de The Fifty est construit en quatre pièces distinctes, chacune travaillée séparément avant assemblage. Loin d’être un détail cosmétique, cette conception multiplie les textures, les reflets et les profondeurs sur une même surface, créant une richesse visuelle qu’un cadran monobloc ne pourrait pas atteindre.

Le rehaut accueille l’échelle tachymétrique et un filet diamanté. La zone sous les index est ornée d’un décor grainé qui capte la lumière avec un éclat presque cristallin. La partie centrale présente un motif « tapisserie » en gaudrons alternés, inspiré de la signature visuelle de la collection Millesime, avec le logo Raymond Weil et la mention « EST. 1976 » en décalque surélevée. Les deux compteurs, réalisés séparément, bénéficient chacun d’un traitement azuré spécifique. Les aiguilles « obélisque » sont satinées et nickelées avec SuperLumiNova, les aiguilles du chronographe sont polies et bleuies.

L’ensemble est argenté, subtil, texturé — exactement dans la continuité chromatique de la Millesime Small Seconds qui nous avait déjà séduite.

cadran the fifty montre

37 mm, acier et or blanc : les proportions du chronographe classique

Le boîtier mesure 37 mm de diamètre pour 10,75 mm d’épaisseur. Ce sont les proportions historiques d’un chronographe à remontage manuel — compactes, élégantes, parfaitement adaptées à tous les poignets, et à un porter habillé sans exclure un usage quotidien. La carrure est en acier, surmontée d’une lunette en or blanc 18 carats (1,85 g), un précieux détail que l’on apprécie. Sous le verre saphir du fond du boîtier se laisse admirer le travail de restauration du calibre, gravé « 1976 » et « 2026 ».

Le bracelet est en cuir de veau nubuck gris anthracite avec boucle ardillon, doublé d’un cuir bleu nuit marqué « The Fifty ». Un détail soigné qui confirme que Raymond Weil a pensé cette pièce comme un vrai bel objet de collection, et pas un simple symbole de célébration de ses 50 printemps.


Notre avis

The Fifty est la montre la plus ambitieuse que Raymond Weil ait jamais produite. Et c’est peut-être aussi la plus juste. En choisissant de restaurer un mouvement historique plutôt que d’en commander un nouveau, la marque fait le choix du geste artisanal sur celui de l’industrie. En limitant la série à 50 pièces, elle assume la rareté. En proposant un cadran en quatre pièces avec des finitions de cet acabit, elle prouve qu’elle peut jouer dans une cour qu’on ne lui connaissait pas.

À 8 650 CHF (environ 9 000 €), on est au-dessus du territoire habituel de Raymond Weil, mais on est aussi face à un chronographe à roue à colonnes vintage restauré à la main, dans un boîtier avec lunette or blanc, limité à 50 exemplaires. Dans l’absolu, c’est un prix cohérent. Dans l’univers Raymond Weil, c’est un tournant. Et une bien belle façon pour The Fifty de rappeller que la belle horlogerie n’a pas besoin de coûter le prix d’une voiture.

Fiche technique : Raymond Weil The Fifty (Réf. 1976-STC-65001)

MouvementRW1976 (Valjoux Cal. 23-6), chronographe bi-compax, remontage manuel
Fréquence21 600 alternances/heure
Rubis17
Réserve de marche40 heures
FonctionsHeures, minutes, petite seconde à 9h, chronographe avec compteur 30 min à 3h
BoîtierAcier inoxydable, lunette or blanc 18 ct (1,85 g), 37 mm, épaisseur 10,75 mm
Cadran4 pièces : grainé (sous index), azuré (rehaut + compteurs), tapisserie gaudrons (centre)
IndexSuperLumiNova noir / émission verte
AiguillesObélisque, satinées nickelées (H/M), bleuies polies (chrono)
FondClipsé, verre saphir, ponts ruthénium noir Côtes de Genève, gravures « 1976 » et « 2026 »
VerreSaphir glassbox, antireflet intérieur
Étanchéité50 mètres (5 ATM)
BraceletCuir de veau nubuck gris anthracite, doublure bleu nuit « The Fifty », boucle ardillon
Limitation50 exemplaires
Prix8 650 CHF (~9 000 €)

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