On peut aimer ou détester la Monaco. C’est presque un test de personnalité horlogère : son boîtier carré, sa couronne à gauche et son bleu électrique ne laissent personne indifférent. Née en 1969, propulsée au rang d’icône par le poignet de Steve McQueen dans Le Mans, brièvement oubliée, ressuscitée en 1997, la Monaco a traversé les décennies avec l’assurance tranquille des pièces qui savent qu’elles n’ont rien à prouver. Pour Watches & Wonders 2026, TAG Heuer ne se contente pas d’un nouveau cadran ou d’une collaboration marketing. La Maison repense intégralement son icône carrée avec deux propositions très différentes : la Monaco Chronograph, version affinée et recentrée sur l’essentiel, et la Monaco Evergraph, qui réinvente purement et simplement le fonctionnement du chronographe.
Monaco Chronograph : retour à la référence 1133
Le projet de refonte de la Monaco a débuté en préparation du lancement de la Split-Seconds Chronograph en 2024. L’équipe de design a pris une décision fondatrice : revenir aux origines, à la référence 1133, celle de 1969, plutôt que de continuer à itérer sur le design réintroduit en 1997 qui en était, reconnaissons-le, une interprétation assez libre. La nouvelle Monaco Chronograph renoue donc avec les arêtes nettes et angulaires de l’originale, un verre saphir dont la forme se rapproche davantage du carré parfait, et des lignes plus dynamiques. C’est un travail de relecture fidèle et délicate, pas une refonte gratuite.

Le boîtier de 39 mm est désormais réalisé en titane grade 5, un choix qui change beaucoup de choses au porté. Les flancs sont légèrement incurvés, et le fond de boîte adopte une ergonomie particulière : une section centrale ronde et plus petite qui se courbe vers les bords, reprenant un détail de design de l’originale tout en améliorant le confort au poignet. C’est le genre de modification invisible sur les photos mais très perceptible dans la vraie vie. Le cadran a lui aussi été affiné : typographie retravaillée, positionnement des inscriptions soigneusement étudié pour la lisibilité, compteurs contrastants et diversité des finitions qui apportent de la profondeur.


Le vrai sujet, c’est le mouvement. La Monaco Chronograph est animée par le nouveau calibre manufacture TH20-11, développé sur la base du TH20-00, devenu la référence pour les chronographes de la Maison. Le TH20-11 a fait l’objet de plusieurs années de travail interne : reconfiguré, affiné, testé avec minutie. Il propose 80 heures de réserve de marche, une garantie de cinq ans, et une configuration bi-compax avec sous-compteurs à 3 et 9 heures et guichet de date à 6 heures. Le nom du calibre rend hommage au Calibre 11 originel. La couronne reste positionnée sur le côté gauche du boîtier, signature instaurée en 1969 par les contraintes d’intégration du mouvement de base et de son module chronographe, devenue depuis un code visuel incontournable de la Monaco.
La collection se décline en trois versions. La version bleue, directement inspirée de la référence 1133B rendue célèbre dans Le Mans (1971), avec cadran opalin bleu, index et aiguilles rhodiés, touches de rouge sur les graduations et l’aiguille centrale du chronographe, le tout sur bracelet cuir de veau noir perforé. La version verte, subtilement brossée et laquée, s’inspire du British Racing Green avec compteurs en opalin noir et traitement rhodié des éléments. Et enfin un modèle noir plus habillé, logé dans un boîtier bicolore titane grade 5 et or rose 18K 5N, avec cadran opalin noir et index facettés en or rose. Les deux versions tout-titane sont proposées à 9 300 euros, la version bicolore or rose à 13 000 euros. Toutes sont disponibles depuis février 2026.


Monaco Evergraph : la révolution du mécanisme chronographe
Si la Monaco Chronograph est une évolution maîtrisée, l’Evergraph est une rupture. TAG Heuer présente ici un mouvement dont le mécanisme de chronographe ne ressemble à rien de ce qui existe dans l’horlogerie actuelle. Le Calibre TH80-00, développé par le TAG Heuer LAB en collaboration avec Vaucher Manufacture Fleurier pendant cinq ans, supprime presque tous les leviers et ressorts traditionnellement utilisés pour les fonctions de départ, d’arrêt et de remise à zéro du chronographe.


A leur place, deux composants flexibles bistables, fabriqués grâce à la technologie LIGA de haute précision, assurent l’intégralité de ces fonctions. L’un gère le départ et l’arrêt, l’autre la remise à zéro. Ces pièces permettent des transitions rapides et nettes entre les positions, avec une constance de performance qui ne varie pas dans le temps. Que ce soit la première ou la dix-millième pression sur les poussoirs, la sensation et la précision restent identiques. C’est un argument qui dépasse la seule prouesse technique : c’est un gain concret en durabilité et en fiabilité pour l’utilisateur.

Le calibre embarque par ailleurs l’oscillateur TH-Carbonspring, qui confère au mouvement une résistance magnétique élevée. Le tout fonctionne à une fréquence de 5 Hz (36 000 alternances/heure), offre 70 heures de réserve de marche, bénéficie de la certification COSC et d’une garantie de cinq ans. L’architecture est inversée : le barillet, le train de rouage et l’organe régulateur sont visibles côté cadran à travers un verre acrylique transparent, tandis que le fond de boîte carré en saphir dévoile la finition à motif drapeau à damier et la masse oscillante en forme de bouclier. Le mouvement est carré, parfaitement adapté au boîtier de la Monaco, ce qui est assez rare pour être souligné.

Le boîtier de 40 mm en titane grade 5 a été repensé avec une attention particulière à l’ergonomie. Les profils effilés donnent une impression de finesse, tandis que les arêtes vives confèrent une présence architecturale que TAG Heuer compare à du design brutaliste. Les poussoirs sont allongés, la couronne reste à gauche. Deux versions sont proposées : une en titane naturel avec accents bleus et compteurs en opaline bleue, et une en titane revêtu de DLC noir avec touches de rouge, plus sportive. Prix : 25 000 euros chacune, disponibles en avril 2026.
Ce que ça raconte
TAG Heuer fait le choix d’investir massivement dans la Monaco, et de manière cohérente. La marque ne se contente pas de rafraîchir un cadran : elle repense le boîtier à partir de la source historique (la 1133), passe au titane grade 5 sur l’ensemble de la gamme, développe deux calibres manufacture distincts, et positionne la Monaco Evergraph comme une pièce de haute horlogerie à part entière. Le tout en conservant l’ADN du modèle : boîtier carré, couronne à gauche, personnalité affirmée.
La Monaco Chronograph en tout-titane à 9 300 euros se situe pile dans la zone de tension entre chronographes manufacture de marques établies. La version or rose à 13 000 euros reste accessible pour un bicolore. Et l’Evergraph à 25 000 euros joue dans une catégorie où la proposition technique justifie le tarif. A noter que l’innovation du mécanisme à flexion a vocation à se diffuser : TAG Heuer l’a développée dans un esprit d’amélioration structurelle du chronographe, pas comme un exercice de style limité.
Récapitulatif technique
| Modèle | Référence | Boîtier | Diamètre | Calibre | Réserve de marche | Étanchéité | Prix | Disponibilité |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Monaco Chronograph Bleu | CDW2181.FC8360 | Titane grade 5 | 39 mm | TH20-11 | 80 heures | 100 m | 9 300 € | Février 2026 |
| Monaco Chronograph Vert | CDW2180.FC8360 | Titane grade 5 | 39 mm | TH20-11 | 80 heures | 100 m | 9 300 € | Février 2026 |
| Monaco Chronograph Noir/Or rose | CDW2150.FC8360 | Titane gr. 5 + or rose 18K 5N | 39 mm | TH20-11 | 80 heures | 100 m | 13 000 € | Février 2026 |
| Monaco Evergraph DLC noir | CEW5180.FT8122 | Titane grade 5, DLC noir | 40 mm | TH80-00 (COSC, 5 Hz) | 70 heures | 100 m | 25 000 € | Avril 2026 |
| Monaco Evergraph Titane | CEW5181.FT8123 | Titane grade 5 | 40 mm | TH80-00 (COSC, 5 Hz) | 70 heures | 100 m | 25 000 € | Avril 2026 |




