MONTRES HOMME

Pequignet : la Royale Paris Chrono

Pequignet, manufacture française installée à Morteau, au cœur du Jura, dévoile à l’occasion de Watches & Wonders 2026 son premier chronographe manufacture : la Royale Paris Chrono. Premier chronographe. Manufacture. Française. Trois mots qui, mis bout à bout, racontent bien plus qu’un nouveau produit. Ils racontent une ambition.

Ce n’est pas rien, un chronographe. En horlogerie, c’est la complication sportive par excellence, celle qui sépare les maisons qui assemblent de celles qui conçoivent. Et ce n’est pas un hasard si cette complication résonne tout particulièrement chez une manufacture française. Car rappelons-le : c’est en France que tout a commencé. Le 1er septembre 1821, Nicolas Mathieu Rieussec, horloger du roi Louis XVIII, utilise pour la première fois un appareil de son invention pour chronométrer des courses hippiques sur le Champ-de-Mars, à Paris. Son « chronographe-encreur » dépose une goutte d’encre sur un cadran rotatif à chaque passage d’un cavalier sur la ligne d’arrivée. L’Académie des Sciences de Paris valide l’invention quelques semaines plus tard et lui donne un nom tiré du grec : chronos (le temps) et graphein (écrire). Écrire le temps. Deux siècles plus tard, Pequignet reprend le flambeau.

La Royale Paris Chrono : ADN préservé, ambition décuplée

Une silhouette reconnaissable

Ceux qui connaissent déjà la collection Royale Paris ne seront pas dépaysés. On retrouve la silhouette architecturale du boîtier aux cornes rapportées, signature visuelle de la gamme. Mais le profil a été retravaillé, plus ciselé, avec cette échancrure concave en forme de « gouge » qui court sur tout le contour du cadran et donne à la pièce une présence très sculptée au poignet. Le boîtier en acier 316L mesure 39,5 mm de diamètre pour 12,7 mm d’épaisseur, ce qui reste très contenu pour un chronographe, notamment sur l’épaisseur. L’entre-corne de 20 mm et le corne-à-corne de 47 mm confirment une portabilité pensée pour les poignets contemporains et les marchés français et asiatiques. On aime les petites montres pour des petits poignets !

Ci-dessous une « Royale » de la collection.

Un cadran grainé

Le cadran, c’est là que ça devient intéressant. Le plateau principal arbore une texture grainée dite « fort », un traitement minéral et contemporain qui accroche la lumière d’une façon très particulière. C’est très tendance en ce moment, on l’a notamment vu passer chez Oris. On est loin du classicisme sage des modèles habillés de la gamme. Autour de cette surface texturée, une double gouge encadre le tout : la première assure une transition visuelle élégante, la seconde, en extrémité de cadran, accueille une échelle tachymétrique. Les deux compteurs, généreusement azurés, apportent un contraste franc avec le fond : petite seconde à 3 heures, compteur 30 minutes du chronographe à 9 heures. L’aiguille centrale du chronographe mesure les secondes.

Le logo Pequignet trône en relief, rhodié, au-dessus de l’inscription « Chronographe » et des mentions « Manufacture Française ». Les index biseautés présentent une double finition polie et satinée, eux aussi rhodiés. Les aiguilles des heures et des minutes, en acier poli, sont revêtues de Super Luminova TC1 bleu. Un niveau de détail qui témoigne d’une vraie maturité dans la direction artistique de la maison.

Le Calibre Initial® Chronographe : cinquième mouvement maison

Le cœur de la bête, c’est le Calibre Initial® Chronographe, cinquième mouvement développé par Pequignet. Pour cette nouvelle réalisation, la manufacture franc-comtoise a choisi de s’associer à une maison suisse spécialisée dans les complications de haute horlogerie. La proximité géographique entre la Franche-Comté et l’arc jurassien suisse n’est pas un hasard : on parle du même bassin horloger, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, avec des compétences complémentaires qui dialoguent depuis des siècles.

Le mouvement repose sur la base du Calibre Initial® existant, enrichi de nouvelles finitions et d’un module chronographe à architecture à cames. Un choix technique qui mérite qu’on s’y arrête. Par rapport à un chronographe à roue à colonnes (considéré comme plus « noble » dans l’imaginaire collectif), le système à cames offre un déclenchement plus franc, plus robuste, et surtout une meilleure résistance aux chocs. Pour une montre sportive pensée pour le quotidien, c’est un choix rationnel et pertinent.

Le mouvement a été spécifiquement travaillé pour contenir l’épaisseur de la montre. Comme tous les mouvements de la manufacture, il est réglé sur 6 positions. Et comme pour les quatre autres calibres maison, l’intégralité des composants est sourcée dans un rayon de moins de 80 kilomètres autour de Morteau. Ce chiffre, on l’avait déjà souligné pour l’Attitude Poinçon Vipère et pour l’Attitude Impériale offerte à l’empereur du Japon : il reste l’un des arguments les plus solides de Pequignet dans un paysage horloger où la transparence sur l’origine des composants est rarement aussi limpide.

Côté finitions, la volonté était claire : donner au mouvement un aspect plus mat, plus urbain. Le pont de balancier et la plaque de maintien sont creusés, et reçoivent une finition combinant texture grainée, satinage et perlage. Les biseaux sont diamantés. La masse oscillante ajourée laisse entrevoir la fleur de lys en relief, motif emblématique de la maison. Visible à travers le fond saphir maintenu par six vis, le mouvement prolonge la personnalité de la montre jusque dans ses entrailles.

Deux configurations, une même exigence

La Royale Paris Chrono sera déclinée en deux versions : cadran opalin avec compteurs bleus, et cadran opalin avec compteurs rouges. Le choix du bleu s’inscrit dans la continuité chromatique de la collection, tandis que le rouge apporte une touche plus affirmée, plus motorsport dans l’esprit. Dans les deux cas, la glace saphir bombée antireflet de type « glass box » confère au cadran une profondeur supplémentaire, un effet loupe très agréable qui rappelle les codes de l’horlogerie vintage sans jamais tomber dans le pastiche.

La couronne, frappée du logo fleur de lys en relief, est parfaitement alignée avec les deux poussoirs chrono (start/stop et remise à zéro), polis avec bout concave. C’est grâce à un système de tige déportée que cet alignement est possible, un détail qui traduit une réflexion poussée sur l’ergonomie et l’esthétique du profil. Le bracelet en acier est équipé d’un système de pompes interchangeables, et le fermoir déployant en acier poli reprend, lui aussi, le motif fleur de lys. Étanchéité annoncée à 5 ATM.

Ce que cette montre dit de Pequignet en 2026

On pourrait se contenter de décrire une fiche technique (et franchement elle est solide). Mais la Royale Paris Chrono raconte quelque chose de plus large. Depuis la reprise par Hugues Souparis en 2021 via Maisons & Manufactures, Pequignet suit une trajectoire méthodique : le Calibre Royal® Tourbillon en 2024, la Concorde Titane qui a marqué un virage esthétique affirmé, l’Attitude Poinçon Vipère qui a démontré la pertinence de la certification de l’Observatoire de Besançon face au COSC, et maintenant le premier chronographe manufacture. Chaque année, une marche supplémentaire.

Le chronographe est la complication reine des montres sportives-chics. C’est celle que portent les amateurs qui veulent une montre vivante au poignet, avec des poussoirs, un compteur qui tourne, une aiguille qui démarre et s’arrête au doigt. Et c’est précisément le segment que Pequignet n’occupait pas encore avec un mouvement maison. C’est désormais chose faite.

À 6450 € prix public TTC, on se situe dans un positionnement cohérent avec la politique tarifaire de la maison. Pour un chronographe manufacture français, conçu, assemblé et réglé à Morteau, avec des composants sourcés localement, le rapport qualité-prix est défendable quand on voit des 3 aiguilles à ce prix chez des concurrents ! À titre de comparaison, un chronographe suisse de manufacture dans cette tranche de prix imposerait souvent des compromis sur l’intégration du module ou sur l’origine réelle des composants.

Infos pratiques

La Royale Paris Chrono (réf. 9120313) sera commercialisée à partir du 15 mai 2026 en édition permanente. Elle sera disponible dans les boutiques Pequignet de Paris (60 rue de Rennes, 75006) et Besançon (3 rue Moncey, 25000), sur Ocarat ou pequignet.com, ainsi que chez l’ensemble des revendeurs agréés.

Fiche technique

Référence9120313
BoîtierAcier 316L, 39,5 mm, finition polie/satinée
Épaisseur12,7 mm
Entre-corne / Corne à corne20 mm / 47 mm
GlaceSaphir bombée antireflet type « glass box »
Couronne & poussoirsCouronne avec logo fleur de lys en relief, 2 poussoirs chrono polis avec bout concave, alignés via tige déportée
CadranOpalin silver, texture grainée « fort », double gouge sur le pourtour, logo en relief rhodié, index biseautés poli/satiné rhodiés, échelle tachymétrique
Compteurs2 compteurs azurés : petite seconde à 3h, compteur 30 minutes chrono à 9h
AiguillesHeures et minutes acier poli, Super Luminova TC1 (bleu), aiguille secondes chrono et compteurs en acier poli
MouvementCalibre Initial® Chronographe (5e mouvement manufacture), architecture à cames, réglé sur 6 positions
Étanchéité5 ATM
FondTenu par 6 vis, ouverture saphir sur le mouvement
BraceletAcier, système de pompes interchangeables
FermoirBoucle déployante en acier poli avec logo fleur de lys
DéclinaisonsCadran opalin / compteurs bleus · Cadran opalin / compteurs rouges
Prix public TTC FranceÀ partir de 6 450 €
DisponibilitéMai 2026, édition permanente


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