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Comment identifier sa morphologie ?

comment connaitre sa morphologie

Avant de savoir quoi porter, il faut savoir qui on est. Pas philosophiquement, quoi que… mais vestimentairement. Et pourtant, c’est l’étape que la quasi-totalité des hommes sautent allègrement, préférant s’habiller à l’instinct, par habitude ou par mimétisme. Résultat : des vêtements qui ne font pas ce qu’on leur demande, une silhouette qui n’est jamais vraiment mise en valeur, et un sentiment diffus que « quelque chose ne va pas » sans jamais réussir à mettre le doigt dessus.

Identifier sa morphologie, ce n’est pas se ranger dans une case humiliante ni accepter une sentence définitive. C’est simplement comprendre comment votre corps est structuré, les rapports entre vos épaules, votre taille, vos hanches, votre hauteur, pour choisir des vêtements qui travaillent avec vous plutôt que contre vous.

Ce guide est le point de départ logique de tout ce que nous allons aborder dans notre section morphologie. Prenez cinq minutes. Ça changera durablement votre rapport au vêtement.

Pourquoi me faire confiance ?

Verygoodlord existe depuis 2012. Depuis le début, j’observe, je teste et j’analyse. Les vêtements, les coupes, les matières, et la façon dont tout ça interagit avec des corps réels. Les conseils de cette section morphologie ne sortent pas d’un manuel : ils viennent de plus de douze ans à regarder comment les hommes s’habillent, ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, et pourquoi.

Arnaud Chanteloup
Fondateur de Verygoodlord

Arnaud chanteloup verygoodlord portrait en voiture

Pourquoi la morphologie est le fondement du style masculin

On parle beaucoup de couleurs, de matières, de tendances. Rarement de structure. C’est une erreur.

Un vêtement n’existe pas dans l’absolu, il existe sur un corps. La même veste peut être impeccable sur une silhouette et catastrophique sur une autre, non pas parce que la veste est mauvaise, mais parce qu’elle n’a pas été choisie en tenant compte de la morphologie de celui qui la porte. Le costume trois pièces d’un homme à épaules larges et taille marquée n’a rien à voir, visuellement, avec le même modèle porté par un homme à torse étroit et ventre rond. Ce sont deux expériences vestimentaires radicalement différentes.

Comprendre sa morphologie, c’est donc comprendre les contraintes et les atouts de sa propre architecture corporelle. Et comme tout bon architecte, une fois qu’on connaît son terrain, on sait exactement ce qu’on peut y construire.


Les mesures qui comptent vraiment

Pas besoin d’un mètre-ruban de couturier ni d’un tableau Excel. Trois rapports suffisent pour cerner l’essentiel de votre silhouette.

La largeur des épaules

C’est le point de départ de toute analyse morphologique masculine. Les épaules définissent le haut du triangle visuel que forme votre corps. Larges, elles donnent une impression de force et d’autorité. Étroites, elles orientent vers une silhouette plus élancée ou plus fragile selon le reste de la morphologie. Mesurez d’une extrémité à l’autre, d’un deltoïde à l’autre.

La largeur des hanches et du bassin

Comparez cette mesure à celle des épaules. C’est ce rapport qui détermine en grande partie votre morphologie. Si vos épaules sont nettement plus larges que vos hanches, vous avez un profil en V ou trapèze. Si hanches et épaules sont proches, vous avez un profil rectangulaire. Si les hanches sont plus larges, vous tendez vers une morphologie en A — moins fréquente chez l’homme mais bien réelle.

La taille et la hauteur

La taille — au sens de la partie resserrée entre le torse et les hanches — est souvent invisible chez l’homme, soit parce qu’elle est naturellement peu marquée, soit parce que les vêtements portés la masquent. La hauteur totale, elle, conditionne les proportions générales : la longueur des jambes par rapport au torse, la hauteur de taille apparente, et les illusions d’optique que vous pouvez créer ou éviter.

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Les grandes morphologies masculines

Les classifications varient selon les sources — certains utilisent des lettres, d’autres des formes géométriques, d’autres encore des archétypes plus ou moins flatteurs. Nous préférons une approche fonctionnelle : ce qui compte, c’est ce que chaque morphologie implique concrètement en termes vestimentaires.

La morphologie en V (ou trapèze)

Épaules larges, taille et hanches plus étroites. C’est la morphologie considérée comme la plus « avantageuse » dans les standards occidentaux contemporains — celle que les tailleurs ont historiquement cherché à imiter ou à accentuer. Elle permet de porter un large spectre de coupes, sans que la silhouette soit visuellement déséquilibrée. Le risque principal est l’excès : trop structurer le haut sur une morphologie déjà très marquée en V peut donner une impression de musculature forcée ou de tenue d’apparat.

La morphologie rectangulaire (ou H)

Épaules, taille et hanches proches en largeur. C’est de loin la morphologie la plus répandue chez l’homme. Elle offre une grande polyvalence mais manque naturellement de dynamisme visuel. L’enjeu est de créer de la profondeur et du relief là où la silhouette est naturellement plane — par le jeu des couches, des textures, ou de vêtements légèrement structurés aux épaules.

La morphologie en O (ou ronde)

Le volume est concentré au centre — ventre, poitrine, parfois dos. Les épaules et hanches peuvent être larges ou étroites selon les individus. C’est la morphologie qui génère le plus d’erreurs vestimentaires, souvent par réflexe défensif : on choisit trop grand pour « cacher », ce qui ne fait qu’amplifier le volume perçu, ou trop serré ce qui fait le même effet dans l’autre sens. L’enjeu ici est de comprendre que le vêtement doit effleurer le corps, pas le compresser ni le noyer.

La morphologie en A (ou poire)

Hanches plus larges que les épaules. Moins fréquente chez l’homme mais bien présente, souvent associée à des cuisses et fessiers développés avec un haut plus étroit. Le travail vestimentaire consiste à rééquilibrer visuellement la silhouette en ajoutant de la présence au-dessus — épaules légèrement structurées, coupes qui élargissent le buste — tout en affinant le bas avec des coupes droites plutôt qu’ajustées.

La morphologie mince et longiligne

Peu de masse, silhouette allongée, membres longs. Qu’on soit grand ou de taille moyenne, cette morphologie pose des questions spécifiques : comment habiter ses vêtements sans que la silhouette paraisse désossée, comment créer de l’épaisseur et du volume sans tomber dans l’oversize qui accentue la maigreur perçue. Les matières jouent ici un rôle capital.


Comment évaluer sa morphologie concrètement

Il y a deux méthodes complémentaires. Aucune des deux ne nécessite de matériel sophistiqué.

La méthode du miroir en pied

Placez-vous en sous-vêtements devant un miroir en pied, dans une lumière neutre. Regardez votre silhouette globale — pas les détails, pas les imperfections supposées. Regardez les lignes : où commence et finit chaque zone, où les volumes sont concentrés, quel est le rapport visuel entre le haut et le bas. Prenez une photo de face et de profil si ça vous aide à objectiver ce que vous voyez. L’œil humain a tendance à déformer ce qu’il observe sur lui-même — la photo est souvent plus juste que le miroir.

La méthode des mesures

Munissez-vous d’un mètre-ruban souple. Notez quatre mesures : largeur d’épaules, tour de poitrine, tour de taille naturelle (à mi-chemin entre les côtes flottantes et le nombril), tour de hanches (à l’endroit le plus large). Comparez épaules et hanches d’abord — c’est le rapport fondamental. Comparez ensuite tour de taille et tour de hanches pour évaluer la présence ou l’absence de taille marquée.

Ces chiffres ne sont pas une fin en soi. Ils sont un outil de lecture. L’objectif n’est pas de rentrer dans une case mais de comprendre les dynamiques de votre corps.


Ce que la morphologie ne dit pas

La morphologie est un point de départ, pas un verdict. Elle ne dit rien de votre style, de votre personnalité vestimentaire, de vos préférences esthétiques. Un homme corpulent peut être infiniment plus élégant qu’un homme longiligne si le premier a compris comment travailler avec sa silhouette et le second s’en désintéresse.

Elle ne dit pas non plus que certaines pièces vous sont définitivement interdites. Elle dit simplement que certains choix demanderont plus d’attention que d’autres, et que certains raccourcis vestimentaires fonctionneront mieux sur votre silhouette que sur une autre.

Les règles de morphologie sont des outils de compréhension. Pas des lois. Un homme qui comprend pourquoi une règle existe est toujours mieux équipé pour savoir quand la suivre et quand s’en affranchir intelligemment.


Morphologie et évolution du corps

Votre morphologie n’est pas figée. Elle évolue avec l’âge, le mode de vie, la pratique sportive ou son absence, les fluctuations de poids. Un homme de trente ans qui a beaucoup pratiqué la musculation n’a pas la même silhouette à quarante-cinq ans s’il a arrêté. Un homme qui prend du poids progressivement ne devient pas simplement « plus gros » — les proportions changent, les zones de concentration du volume se déplacent.

C’est pourquoi il est utile de réévaluer sa morphologie périodiquement, pas avec anxiété, mais avec la même logique pratique qu’on réévalue son garde-robe. Un vestiaire construit pour une silhouette d’il y a dix ans peut devenir progressivement inadapté sans qu’on s’en rende vraiment compte.

La personne ci-dessous n’a pas forcément de problème avec son corps, mais elle a un gros soucis avec le choix de ses vêtements.

La suite : aller plus loin avec sa morphologie

Maintenant que vous avez identifié votre morphologie, la question devient : qu’en fait-on concrètement ? C’est précisément ce que nous développons dans les articles suivants de cette section : Comment bien s’habiller selon sa morphologie. Vous y trouverez des guides spécifiques à chaque morphologie, des analyses pièce par pièce, des erreurs classiques à éviter, et des approches plus fines sur les proportions, les matières et les illusions d’optique vestimentaires.

Chaque corps mérite mieux qu’un conseil générique. C’est l’idée qui structure toute cette section — et, d’une certaine façon, toute la démarche de Verygoodlord depuis le début.



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