MONTRES HOMME

Breitling Navitimer B01 « Tribute to Concorde »

Navitimer Concorde general

Il y a des hommages qui sonnent creux, et d’autres qui méritent vraiment leur nom. La Breitling Navitimer B01 Chronograph 43 Tribute to Concorde appartient à la seconde catégorie. Pas parce que Breitling a simplement sérigraphié un avion sur un cadran, mais parce que chaque détail de cette montre — matière, chiffres, couleurs, gravures — renvoie à quelque chose de précis dans l’histoire du vol supersonique. Une édition limitée qui a du sens, lancée cinquante ans après le premier vol commercial de l’oiseau blanc.

Navitimer Concorde cote

Deux icônes, une montre

Pour comprendre ce que représente cet hommage, un rappel s’impose. La Navitimer naît en 1952, conçue par Willy Breitling pour l’Aircraft Owners and Pilots Association (AOPA). Son principe : une règle à calcul circulaire intégrée à la lunette, permettant aux pilotes d’effectuer leurs calculs de vol directement au poignet. Premier ordinateur de bord au poignet, elle deviendra la montre officielle de l’AOPA deux ans plus tard, avant d’accompagner l’astronaute Scott Carpenter dans l’espace en 1962, puis Miles Davis et Serge Gainsbourg dans des territoires bien moins stratosphériques mais tout aussi culturellement significatifs.

Concorde entre en service commercial en 1976. Mach 2, altitude de croisière à 18 000 mètres, la courbure de la Terre visible depuis les hublots pour une centaine de passagers. Comme l’a dit Georges Kern, PDG de Breitling : voler en Concorde n’était pas un moyen de transport, c’était une expérience en soi. L’alliance entre les deux objets n’a donc rien d’artificiel : ils partagent la même époque, la même foi dans l’aviation comme territoire de conquête, et la même conviction que l’instrument au poignet doit être à la hauteur du ciel qu’on traverse. Pour aller plus loin sur l’histoire de la marque, notre dossier Breitling couvre tout ça.

Navitimer Concorde face

593 : un chiffre qui n’est pas là par hasard

Cette édition limitée est produite à 593 exemplaires, en référence directe aux quatre turboréacteurs Olympus 593 qui propulsaient Concorde. Le fond de boîte grave cette filiation en toutes lettres : One of 593, Tribute to Concorde, Jetliner, et Mach 2. Ce genre d’attention au détail fait toute la différence entre un numéro de catalogue et un vrai objet de collectionneur. On est ici dans le second cas.

Navitimer Concorde mouvement B01

Un cadran qui raconte l’oiseau blanc

Le cadran bleu profond reproduit la teinte de la stratosphère telle qu’on la perçoit depuis 60 000 pieds d’altitude. Les sous-cadrans blancs contrastants et la règle à calcul intérieure blanche sont, eux, une référence au surnom du Concorde : l’oiseau blanc. La disposition tri-comptax classique, les index bâton et le logo ailé de l’AOPA repositionné à 12 heures dans sa place d’origine restituent l’ADN Navitimer des grandes années. Lisible, cohérent, immédiatement identifiable. Le bracelet en cuir d’alligator bleu marine assortit au cadran boucle l’ensemble avec élégance.

Navitimer Concorde cote tranche luminova

Titane et calibre B01 : le fond du dossier

Le boîtier est en titane — seulement la deuxième Navitimer à en bénéficier, après la version Aston Martin Aramco présentée quelques semaines plus tôt. 43 mm de diamètre, 14,94 mm d’épaisseur, 49,07 mm de corne à corne. Une montre généreuse au poignet, mais que le titane allège considérablement au porter. Résistance à l’eau à 30 mètres, ce qui reste dans la norme pour une montre de pilote.

Sous le fond saphir, le calibre de manufacture B01, certifié COSC, avec roue à colonnes et embrayage vertical — les deux marqueurs d’un chronographe sérieux — battant à 4 Hz et offrant 70 heures de réserve de marche. Un mouvement que Breitling maîtrise depuis 2009 et qui a amplement fait ses preuves. Pour une édition limitée à 9.750 €, c’est l’équipement attendu, et il est là.

Navitimer Concorde cote tranche

L’avis DE VGL

La Breitling Navitimer B01 Chronograph 43 Tribute to Concorde réussit ce que peu d’éditions limitées parviennent à faire : justifier chaque choix narratif par un détail concret et vérifiable. 593 exemplaires pour 593 moteurs, bleu stratosphérique pour la teinte vue de 60 000 pieds, blanc des sous-cadrans pour l’oiseau blanc, titane pour la légèreté d’un appareil qui défiait les lois du vol commercial. Ce n’est pas du storytelling de brochure — c’est une montre qui parle d’elle-même. Pour les amateurs de la Navitimer et de l’histoire de l’aviation civile, c’est un objet difficile à ignorer. Pour les autres, c’est peut-être le meilleur argument pour découvrir la collection Breitling dans son ensemble.

Navitimer Concorde cadran


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