On connaissait la Citizen Tsuyosa comme la montre mécanique qui n’avait pas besoin de se justifier. Un boîtier propre, un mouvement automatique, un prix qui ne fait pas grimacer : la recette avait fonctionné dès l’été 2022, puis de nouveau avec la version 37 mm qui élargissait le spectre des poignets conquis. On pouvait donc légitimement se demander ce que Citizen allait bien pouvoir inventer pour prolonger la saga sans la diluer. La réponse tient en deux mots : Tsuyosa Shore.
L’idée, cette fois, c’est de pousser la Tsuyosa vers le large. Pas au sens littéral (on n’est pas sur une plongeuse à 300 mètres façon Promaster), mais dans l’esprit. Citizen injecte à sa collection star un supplément d’âme maritime : lunette tournante, étanchéité doublée, palette de couleurs qui évoque davantage la Côte d’Azur que la salle de réunion. Quatre références, lancées le 26 mars 2026, à des tarifs qui restent dans l’épure de la gamme : de 329 à 359 euros.
A découvrir chez :



Ce qui change vraiment par rapport à la Tsuyosa classique
La Tsuyosa originale, on l’aimait pour sa franchise : pas de fioritures, pas de complications inutiles, juste une montre automatique bien construite avec un verre saphir et un bracelet intégré à trois maillons qui faisait penser, disons-le, à certaines références bien plus onéreuses. Mais elle avait deux limites. La première, c’était son étanchéité timide à 50 mètres, qui la rendait un peu frileuse dès qu’on envisageait de la mouiller sérieusement. La seconde, c’était sa lunette lisse, purement esthétique, qui ne lui donnait pas cette allure sportive que beaucoup recherchent dans une montre du quotidien.


La Tsuyosa Shore corrige ces deux points. L’étanchéité passe à 100 mètres (10 ATM), ce qui la rend compatible avec la nage, le snorkeling et globalement tout ce qu’un père de famille fait en vacances sans avoir besoin de retirer sa montre. Pour être clair : on n’ira pas faire de la plongée technique avec, mais elle ne vous lâchera pas à la piscine ni dans les vagues. Si vous cherchez une vraie plongeuse, c’est du côté de la Promaster qu’il faut regarder, ou bien relire notre guide sur le choix d’une montre de plongée.
L’autre nouveauté majeure, c’est l’intégration d’une lunette tournante unidirectionnelle avec une échelle de 60 minutes. C’est le code visuel universel de la montre sportive aquatique, celui qui transforme instantanément l’allure d’un garde-temps. Elle tourne dans un seul sens (sécurité oblige, pour ne jamais surestimer un temps d’immersion) et Citizen a eu la bonne idée de l’accorder à la couleur du cadran. Le résultat, c’est que la Tsuyosa Shore conserve cette cohérence visuelle qui est la marque de fabrique de la collection, tout en gagnant un caractère nettement plus affirmé.


Quatre cadrans, quatre ambiances
Citizen propose la Shore en quatre déclinaisons, et c’est là que les choses deviennent intéressantes pour ceux qui aiment avoir le choix.
Les deux premières sont sur acier classique. La NJ0230-59L arbore un cadran bleu marine profond, sobre et polyvalent : c’est la valeur sûre, celle qu’on peut porter avec un costume comme avec un short en lin. La NJ0231-56L opte pour un bleu lagon plus clair, plus estival, plus assumé. C’est le genre de bleu qu’on associe aux eaux peu profondes des Cyclades ou de la côte sarde, et qui a le mérite de trancher avec les bleus nuit qu’on voit partout. Ces deux références sont affichées à 329 euros.

La troisième, la NJ0232-53X, monte d’un cran avec une finition dorée (ton or jaune) et un cadran vert profond. À 359 euros, c’est la plus chère de la série et aussi la plus audacieuse. Le mariage or et vert foncé a quelque chose de la Tudor Black Bay 58 or jaune/ cadran vert dans l’esprit, et même si la comparaison s’arrête là, force est de reconnaître que l’association fonctionne très bien. C’est une montre qui ne passera pas inaperçue.
La quatrième, NJ0234-58X à 349 euros, joue la carte bicolore acier et or avec un cadran rouge bordeaux. Un choix moins conventionnel, qui rappelle certaines montres des années 80 dans ce qu’elles avaient de plus élégant. Le bordeaux est une couleur qu’on voit peu en horlogerie accessible et c’est justement pour ça qu’elle retient l’attention.

Le mouvement : on reste en terrain connu
Sous le capot, pas de révolution. On retrouve le calibre 8210 de Citizen, fabriqué par Miyota (filiale de la maison). C’est le même mouvement que sur la Tsuyosa classique, un « petit tracteur » comme j’aime l’appeler : 21 rubis, fréquence de 21 600 alternances par heure, remontage automatique et manuel, fonction stop-seconde. La réserve de marche est annoncée à environ 42 heures (légèrement supérieure aux 40 heures de la version originale, une progression discrète mais bienvenue), et la précision oscille entre -20 et +40 secondes par jour.

Ce n’est pas un mouvement chronomètre, et personne ne vous dira le contraire. Mais à ce prix, trouver un calibre automatique fiable avec un fond transparent qui permet d’admirer la mécanique en action, c’est un luxe que peu de marques peuvent offrir. Pour mémoire, un mouvement certifié COSC doit afficher une précision de -4 à +6 secondes par jour. On n’est pas dans cette catégorie, mais pour le quotidien, le 8210 fait parfaitement le travail.
Le boîtier et le bracelet : l’ADN Tsuyosa préservé
Le boîtier reste à 40 mm de diamètre, un format universel qui convient à la très grande majorité des poignets masculins. L’épaisseur passe à 12,5 mm contre 11,7 mm sur la Tsuyosa originale : la lunette tournante et l’étanchéité renforcée ont un coût en millimètres, mais rien de rédhibitoire. La construction mixte brossé/poli est toujours là, avec ces jeux de lumière sur les flancs du boîtier qui donnent à la montre un aspect beaucoup plus travaillé que son prix ne le laisse supposer.
La couronne encastrée à 4 heures reste un marqueur fort de l’identité Tsuyosa. Elle protège bien la couronne des chocs, même si elle n’est toujours pas vissée (logique : on est à 100 mètres, pas à 200). Le verre saphir est de la partie, accompagné de sa loupe sur la date. Je ne suis toujours pas un immense fan de la loupe cyclope (c’est un débat sans fin chez les amateurs d’horlogerie), mais objectivement, elle donne du caractère, améliore la lisibilité et ce n’est pas négligeable.
Ci-dessous la Tsuyosa d’origine.

Le bracelet intégré à trois maillons, type « Président », est reconduit à l’identique. C’est l’un des points forts de la gamme : souple, confortable, avec une boucle déployante efficace et un triple réglage de longueur. Pour le prix, ce bracelet est tout simplement excellent. Il donne à la Tsuyosa Shore cette allure de montre qui vaut bien plus que ce qu’elle coûte, et c’est exactement ce qu’on vient chercher chez Citizen.
Côté luminosité, les aiguilles et les index sont traités au luminescent, ce qui est cohérent avec le positionnement plus sportif de cette déclinaison. On n’attend pas la performance de Super-LumiNova haut de gamme à ce tarif, mais la lisibilité en conditions de faible luminosité devrait être correcte.
Pour qui est faite la Tsuyosa Shore ?
Si vous possédez déjà une Tsuyosa classique et que vous en êtes satisfait, la Shore représente une évolution latérale intéressante plutôt qu’un remplacement. C’est la version à prendre si vous voulez une montre un peu plus baroudeuse, un peu plus assumée visuellement, sans quitter l’univers Citizen accessible. Elle s’adresse aussi, et peut-être surtout, à ceux qui cherchent leur première montre automatique et qui hésitent entre une Tissot PRX (voir chez Ocarat / Lepage), une Orient (voir chez Ocarat) ou une Seiko Presage (chez Ocarat / Lepage) dans cette gamme de prix. Avec l’ajout de la lunette tournante et de l’étanchéité renforcée, la Tsuyosa Shore vient clairement marcher sur les plates-bandes de montres comme la Seiko 5 Sports, mais avec un bracelet et des finitions qui, à mon sens, sont un cran au-dessus.
Les quatre références sont disponibles depuis le 26 mars 2026 chez une sélection de partenaires et sur le site européen de Citizen.
A découvrir chez :



Fiche technique Citizen Tsuyosa Shore
| Marque | Citizen |
| Collection | Tsuyosa Shore |
| Références | NJ0230-59L (Bleu Marine) / NJ0231-56L (Bleu Lagon) / NJ0232-53X (Vert Profond) / NJ0234-58X (Rouge Bordeaux) |
| Prix | 329 € / 329 € / 359 € / 349 € |
| Diamètre | 40 mm |
| Épaisseur | 12,5 mm |
| Mouvement | Calibre 8210, automatique et manuel, 21 rubis, 21 600 alt/h |
| Réserve de marche | Environ 42 heures |
| Précision | -20 à +40 sec/jour |
| Verre | Saphir avec loupe date |
| Étanchéité | 100 mètres (10 ATM) |
| Bracelet | Acier inoxydable, trois maillons, boucle déployante |
| Particularités | Lunette tournante unidirectionnelle 60 min, fond transparent, aiguilles et index luminescents, fonction stop-seconde |





