MONTRES HOMME

Speedmaster Moonwatch « Black & White »

Speedmaster reverse panda

OMEGA ouvre 2026 avec deux nouvelles Speedmaster Moonwatch « Black & White » qui jouent un grand classique de l’horlogerie : le cadran inversé noir et blanc, façon reverse panda. Dit autrement : la Moonwatch a décidé de passer de la combinaison spatiale… au costume noir, chemise blanche, nœud papillon impeccable.

Et oui, on pense immédiatement à une certaine Daytona : les sous-compteurs clairs sur fond sombre, cette tension graphique très “chronographe de podium”, et même une petite résonance typographique avec des Daytona commémoratives récentes (les amateurs de “Le Mans vibes” voient très bien de quoi il est question). Sauf qu’ici, l’identité Speedmaster reste intacte : asymétrie du boîtier, cornes lyre, tachymètre, et ce statut d’outil devenu icône — exactement comme une Porsche 911. Tu peux changer la teinte, la jante ou le cuir : ça reste une 911.


Deux références, deux humeurs : acier ou Moonshine™ Gold

OMEGA propose deux versions en 42 mm, toutes deux en configuration sapphire sandwich, avec verre saphir à l’avant et fond saphir à l’arrière.

La version acier : le bon goût sans ostentation

Référence 310.30.42.50.01.004, boîtier acier, index et aiguilles rhodiés, Super-LumiNova blanche. Le prix se situe autour de 10 200 € en Europe.

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C’est probablement la version qui va faire le plus de bruit. Une Moonwatch “catalogue”, moderne, brillante juste ce qu’il faut, avec un cadran qui accroche la lumière comme un piano laqué. Suffisamment expressive pour se distinguer, suffisamment fidèle pour ne jamais lasser.

La version Moonshine™ Gold : la Lune, mais côté tapis rouge

Référence 310.60.42.50.01.002, en 18K Moonshine™ Gold, l’alliage jaune propriétaire d’OMEGA. Aiguilles et index en Moonshine Gold, grande trotteuse de chronographe traitée en PVD Moonshine. Le tarif flirte avec les 48 600 €.

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Moonshine™ Gold, chez OMEGA, c’est un alliage propriétaire d’or jaune 18K. Sa particularité ? Une teinte plus pâle, légèrement désaturée, inspirée de la lumière lunaire, et surtout plus stable dans le temps que l’or jaune traditionnel (il jaunit moins avec les années).

Petit clin d’œil de culture horlogère contemporaine : la montre aurait été aperçue au poignet de Colman Domingo avant l’annonce officielle. Une Speedmaster qui sent davantage la soirée d’awards que le centre de contrôle de Houston, et qui l’assume parfaitement.


Le cadran : la vraie nouveauté (et la vraie réussite)

L’intérêt majeur de ces Speedmaster Black & White réside dans la construction du cadran, un step dial à double plaque.

La plaque supérieure est noire, polie, vernie et laquée, avec un rendu très glossy et des encadrements de sous-compteurs rhodiés. La couche inférieure, visible dans les compteurs, est blanche, elle aussi vernie et laquée. Le contraste est immédiat, la lecture excellente, et la profondeur visuelle bien plus luxueuse que sur un cadran mat traditionnel.

Les détails font toute la différence. La minuterie périphérique est imprimée en blanc sur le cadran noir, tandis que les sous-compteurs reçoivent leurs graduations en noir sur fond blanc. L’inversion est systématique, cohérente, presque obsessionnelle. On n’est pas face à un simple jeu de couleurs, mais à un cadran réellement architecturé.


Un reverse panda « Moonwatch » : un terrain rarement exploré

Des Speedmaster, OMEGA en propose des dizaines. Des Moonwatch Professional reverse panda au sens strict, en revanche, c’est nettement plus rare. La presse spécialisée l’a bien compris : il ne s’agit pas de réinventer la montre, mais d’ajouter une troisième option de cadran acier crédible et désirable dans la lignée moderne de la Moonwatch.

Et sur ce point précis, l’objectif est atteint.

On voit ici la différence entre une speed « classique » et la « reverse panda ».


Boîtier, lunette, cristal : du Moonwatch, mais en version haut vernis

On reste sur les fondamentaux. Boîtier asymétrique de 42 mm, protège-couronne et protège-poussoirs, cornes lyre, et étanchéité annoncée à 50 mètres.

Là où OMEGA muscle son propos, c’est au niveau de la lunette. Exit l’insert aluminium classique : place à une lunette en céramique noire, avec échelle tachymétrique en émail blanc. Les fameux détails historiques sont toujours là, avec le dot over 90 et le dot diagonal to 70, véritables madeleines de Proust pour amateurs de Speedmaster.

Le verre avant est un saphir de type box-form, traité antireflet. Le galbe conserve un esprit vintage, mais sans la fragilité émotionnelle de l’hésalite. Ça brille, mais ça ne trahit rien.


Bracelet et confort : la micro-extension salvatrice

Les deux modèles sont livrés sur le bracelet Moonwatch à cinq maillons, alternant finitions brossées et polies. La boucle intègre le système de réglage rapide comfort release d’OMEGA. Concrètement, cela permet d’ajuster le bracelet sans outil, et sans drame, ce qui s’avère toujours utile après un déjeuner un peu trop romain… ou trop français.


Mouvement : calibre 3861, la modernité sous contrôle

À l’intérieur, aucune surprise, et c’est une excellente nouvelle. On retrouve le calibre 3861, remontage manuel, chronographe à came, certification Master Chronometer (METAS), résistance antimagnétique jusqu’à 15 000 gauss, et environ 50 heures de réserve de marche.

C’est le mouvement qui incarne la Moonwatch contemporaine depuis la refonte de la collection. Une évolution rationnelle, plus “ingénieur suisse des années 2020” que “atelier des sixties”, sans jamais perdre l’âme de l’objet.


Daytona ou Speedmaster : hommage, clin d’œil, rivalité polie

La comparaison avec la Daytona est inévitable. Le reverse panda est une grammaire visuelle que Rolex a rendue culturellement omniprésente. Historiquement, le parallèle est presque amusant. La Daytona est devenue l’icône des circuits. La Speedmaster, celle du cosmos. Deux légendes issues de la même obsession du XXᵉ siècle : mesurer, dompter, raconter le temps. L’une sent l’essence et les stands. L’autre, la poussière lunaire et le Velcro.

Dans cette version Black & White, la Speedmaster gagne quelque chose que certaines variantes n’avaient pas toujours : une présence immédiate. Le cadran laqué capte la lumière, la céramique lui répond, les sous-compteurs sautent au regard. On est moins dans l’instrument de mission, davantage dans l’icône assumée. Une Moonwatch consciente de son mythe, et parfaitement à l’aise avec lui.


Prix, disponibilité, et ce que cela dit d’OMEGA en 2026

Ces modèles ne sont pas des éditions limitées. Ils rejoignent la collection permanente.

C’est sans doute le message le plus fort. OMEGA ne cherche pas le coup ponctuel pour collectionneur pressé. La marque installe une esthétique durable, pensée pour s’inscrire dans le temps.

Le seuil psychologique des 10 000 € en acier fait réagir, évidemment. Mais dans la logique produit, la cohérence est là : cadran laqué multi-plaques, lunette en céramique et émail, finitions plus premium, et positionnement de plus en plus assumé sur le segment du chronographe iconique moderne.


Conclusion : une Speedmaster très classique… et très dangereuse

Cette Speedmaster Moonwatch Black & White possède un talent rare. Elle ne renie rien de la Moonwatch historique, mais elle se permet d’être plus désirable dès le premier regard.

Comme si OMEGA avait pris la montre de la NASA et l’avait envoyée chez un tailleur italien, sans toucher au plan de vol.

Si l’on aime la Speedmaster pour son histoire, tout est là. Si on l’aime pour le design, on gagne un cadran profond, contrasté, et ce léger parfum de chronographe de compétition façon reverse panda, sans jamais perdre la diction “Speedmaster”.

En résumé, ce n’est pas une révolution.

C’est pire.

C’est une tentation.



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