Il y a des décisions de design qui coûtent quelque chose. Chez Serica, la symétrie du cadran n’était pas un caprice esthétique, c’était une position. Depuis la 5303, le chronomètre de plongée de la maison parisienne s’était construit sur une lisibilité hiérarchisée, sans guichet de date pour venir perturber l’équilibre. Une montre qui savait ce qu’elle était.
La nouvelle Réf. 5330 change ça. Pour la première fois, la date fait son apparition — et visiblement, la question n’était pas de savoir si c’était possible, mais comment le faire sans abîmer ce qui fonctionnait déjà très bien.


Le problème posé honnêtement
Intégrer un quantième dans un cadran existant est un exercice de compromis que beaucoup de marques expédient avec une fenêtre posée au forceps entre 4h et 5h, en espérant que personne ne remarque l’index sacrifié. Serica a choisi une autre approche : redessiner entièrement le cadran autour de cette contrainte plutôt que de l’y greffer.
Le guichet se loge à 3h, en miroir de l’index à 9h, un choix classique, mais ici réfléchi. L’échelle des minutes a été recentrée pour préserver les index à 14 et 16 minutes, ceux qui structurent la lisibilité en zone de plongée. Le chiffre du quantième s’affiche en rouge sur fond blanc. Pour tous les jours de la semaine. Pas besoin d’attendre dimanche. Discret sans être timide.
Avec ou sans date ?


Un cadran et une lunette repensés
La 5330 ne se contente pas de rajouter une date sur la 5303. Elle l’accompagne d’un cadran noir mat inédit – contre le noir émaillé des versions précédentes – et d’un insert de lunette en céramique polie gris anthracite, là où la 5303 proposait le bleu cristallin ou le noir. La lunette tournante bidirectionnelle abandonne par la même occasion la graduation du compte à rebours pour ne conserver que les graduations horaires. Une lunette allégée, plus sobre, qui renforce l’impression de cohérence d’ensemble.
Le résultat visuel est plus feutré que la 5303. Le gris anthracite, le noir mat, le rouge du quantième — trois décisions qui se répondent et signent une variation à part entière plutôt qu’un simple ajout de complication.

La montre
Sous le capot, rien de nouveau — et c’est une qualité. Le calibre SoProd M100 certifié COSC, 25 rubis, 4 Hz, 42 heures de réserve de marche avec finitions Côtes de Genève. Le boîtier acier reste à 39 mm de diamètre pour 12,2 mm d’épaisseur, avec les mêmes cornes à 46,5 mm et un entre-corne à 20 mm. Étanchéité 300 mètres. Construction amagnétique. Le verre saphir double dôme avec traitement anti-reflet interne est reconduit.
Deux bracelets au lancement : le Vesper en acier maille milanaise, avec fermoir signé et déclinaison en longueur standard et extra-court, et un bracelet PLD en nylon extensible blanc polaire avec liseré rouge — une référence directe à l’expédition qui accompagne ce lancement.




L’expédition
Parce qu’une plongeuse qui sert aussi en haute montagne mérite une mise à l’épreuve cohérente, Serica a confié la 5330 « date » à Alexandre Gaye, aventurier français aux curriculums sérieux — Mont Blanc, Elbrouz, Sarek, Sahara — pour la traversée intégrale en solitaire du Vatnajökull en Islande, le plus grand glacier d’Europe. 180 kilomètres, en autonomie complète. L’expédition est prévue en avril.
C’est le genre de partenariat qui fonctionne parce qu’il est logique plutôt que spectaculaire. Une montre robuste, un homme qui traverse des endroits où les montres doivent fonctionner. Pas de surenchère.


Prix et disponibilité
La Réf. 5330 « date » est proposée à 1690 euros TTC, en précommande dès maintenant, avec des livraisons annoncées début mai 2026. Elle se positionne légèrement au-dessus de la 5303 (1490 euros), un écart qui se justifie par le mouvement avec date, le nouveau cadran et l’insert de lunette inédit.
Pour une marque qui a construit sa réputation sur le refus de compromis faciles, la 5330 est une prise de position assumée.
La date est là. Elle a l’air d’avoir toujours été là.




