En 1938, lorsque Oris lance la Big Crown Pointer Date, il n’est pas question de style au sens contemporain du terme. La montre est conçue comme un instrument. Chaque choix répond à un usage précis. La grande couronne facilite la manipulation avec des gants. Les chiffres arabes assurent une lisibilité immédiate. L’aiguille centrale de date permet de lire l’information d’un seul coup d’œil.
Ce pragmatisme fondateur est essentiel pour comprendre la Big Crown. Elle n’a jamais été pensée pour suivre une tendance. Elle a été dessinée pour être juste. Et c’est précisément cette justesse qui lui permet de traverser les décennies sans jamais sembler datée.

Le cadran « Bullseye », quand l’histoire refait surface
Le cadran concentrique bicolore n’a rien d’un effet néo-vintage opportuniste. Chez Oris, ce motif apparaît dès les années 1910 sur des montres de poche, avant de connaître un véritable âge d’or au milieu du XXe siècle. Puis il disparaît, comme beaucoup de dessins intelligents mis de côté au fil des cycles esthétiques.
Son retour sur cette Big Crown Pointer Date « Bullseye » est particulièrement pertinent. Le centre clair capte immédiatement le regard, tandis que la périphérie plus sombre structure la lecture du temps. L’ensemble crée une profondeur visuelle subtile et très maîtrisée. Les touches de rouge sur le chemin de date et l’aiguille Pointer Date apportent une tension graphique discrète, sans jamais rompre l’équilibre général.


Des proportions qui parlent juste
Avec son boîtier de 38 mm, la Big Crown Pointer Date « Bullseye » adopte des proportions particulièrement équilibrées. Ni trop petite pour paraître fragile, ni trop grande pour devenir envahissante. Sur le poignet, elle se place naturellement, sans chercher à s’imposer.
C’est un format qui rappelle une évidence souvent oubliée : une montre réussie ne se remarque pas par sa taille, mais par son harmonie. Ici, rien ne déborde. Rien n’est superflu. Tout est à sa place.

Un mouvement fidèle à la philosophie Oris
À l’intérieur, le calibre automatique Oris 754 s’inscrit dans une logique de cohérence. Il assure l’affichage des heures, minutes et secondes, entraîne l’aiguille centrale de date, permet un réglage précis grâce au stop-seconde et offre une réserve de marche confortable pour une utilisation quotidienne.
Il ne s’agit pas d’un mouvement démonstratif, mais d’un mouvement de conviction. Oris ne cherche pas à impressionner par la complexité. La marque privilégie une mécanique fiable dérivé du Sellita SW200-1, durable et réparable.

Le bracelet comme prolongement du propos
Le bracelet en cuir de cerf Cervo Volante s’inscrit pleinement dans l’esprit de la montre. Issu d’une filière durable suisse, il n’est pas un argument marketing plaqué, mais une continuité logique, un long partenariat que Oris fait vivre dans de nombreuses montres de sa collection. Sa souplesse, sa texture et son aspect vivant renforcent le caractère chaleureux de la Big Crown Pointer Date « Bullseye ». Il accompagne la montre dans le temps, se patine, évolue et raconte une histoire parallèle à celle du boîtier. Et je dois ajouter que, pour avoir un bracelet dans ce cuir sur ma Oris, il est particulièrement résistant.

Une montre pour ceux qui visent juste
Proposée à 1950 euros, la Big Crown Pointer Date « Bullseye » occupe une position rare. Elle se situe à distance du luxe ostentatoire comme de l’horlogerie jetable. Elle s’adresse à ceux qui recherchent du sens, de la cohérence et une véritable continuité historique.
C’est une montre indépendante, au sens plein du terme. À l’image d’Oris elle-même. Une montre qui ne cherche pas à séduire tout le monde, mais qui parle très clairement à ceux qui savent exactement pourquoi ils la regardent.




