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Vin du mois : Cuvée Picasse 2009, Famille Raffault

Notre nouvelle série d’articles débutée le mois dernier continue, et nous suivons Vincent dans ses découvertes et ses périples au coeur des vignobles. Ce mois-ci, on reste autour de la Loire pour explorer ce terroir qu’il aime tant. Place au récit, place au voyage …

Un vin est un terroir, un terroir un récit.

Un terroir…

Il est en France tant de lieux de mystères… On y conterait volontiers des légendes. Souvent, la vigne prend part au décor. Ses Sarments noueux d’un brun inquiétant ‘enronce’ de mystères les pierres laissées à l’abandon. En filant le long de la Loire, prenez garde à ces blocs de pierres échoués, aux silhouettes de ces clochers fanés, figés dans les brumes dégagées des eaux. Cela n’aurait rien d’étonnant que l’arbre a vin les ait envahis. En descendant vers l’océan et les vignobles des rafraîchissants muscadets, on croise les eaux de la Vienne. Le tumulte de la rencontre se fait au niveau d’un village chapeauté de son extraordinaire collégiale. Candes-Saint-Martin nous ordonne de nous arrêter. Nous sommes en des lieux mythiques. Nous sommes arrivés non loin du Véron.

Le Véron, des terres viticoles de Chinon. Grande région productrice de vins de 2300 hectares environ et d’histoires. Rabelais conta jadis les récits mythologiques des géants. Il leur attacha le culte de la bouche…et nous foulons instamment ces terres avec humilité. Les chemins ne mènent pas tous au Véron et, là où nous nous rendons, ne cherchez pas de panneaux. C’est une région qui s’arpente d’abord debout mais où l’on finit à terre, rempli, repu…

Lorsque les herbes folles des plaines ligériennes laissent place aux plaines alluvionnaires plantées de rares arbres, veillez bien à ne pas manquer la route. Suivez là, perdez vous dans le dédale de vignes, de tuffe blanches et de lointains clochers. En cherchant bien, vous arriverez à l’un des graals rouges de la région. Les portes bleues du domaine de l’illustre Olga Raffault.

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Un récit…

Rabelais avait le sens du calembour. De la vérité déguisée. Olga Raffault aurait pu être le nom d’un des personnages. Une géante nordique arrivant avec sa harpe pour faire pousser les vignes et qui aurait croisé le chemin amoureux d’un bon véronais. A vrai dire, je n’en sais rien. Mais Olga un jour fut bien en ces lieux. On raconte qu’un prisonnier allemand, après la seconde guerre mondiale serait venu apporter ses lumières à Olga après la mort de son mari, en 1947…un des premiers ouvrages franco-allemand ce vin !…

Quoi qu’il en soit, elle vendangea et créa ce vin qui m’amènerait ce jour, 50 ans plus tard. Je sonnais à la grande porte bleue sans succès. Je n’avais pas prévenu de mon arrivée. A vrai dire, improvisée en ce domaine. Pourtant sous son chandail, une belle femme à la chevelure noire vint à ma rencontre. Belle poignet de main. Tour de clef…et la grande cour de gravier blanc se révéla. Quelques massifs de rosiers taillés pour affronter l’hiver formaient le parvis de cette longère maçonnée de belles pierres. La demeure était en fait un assemblage de maison. Les toitures étaient dépareillées. Bientôt, la charmante propriétaire me dévoila ses secrets.

Un peu d'histoire. Maison de son Illustre Grand-mère Olga Raffault, célébrité locale, vigneronne émérite et de génie, la grand-mère Olga avait bâti les lieux et les avait étendus au grès des âges. Une première grange voisinée à la demeure originelle. Cette dernière se prolongeait en un dortoir pour les ouvriers avant de s’étendre vers la bâtisse de tel ou tel enfant. Interminable maison qui faisait face à la grange dans laquelle s’était entassé le matériel des vignes. Tracteurs encrottés de la belle terre de Loire ; pressoirs poussiéreux qui ne servaient plus à rien. Un petit bout de temps devant les yeux.

Une petite porte bleue s’ouvrit. Charmante, elle m’adressa du regard une invitation. Dans la grange attenante, le rêve liquide était la. Des caisses entières du précieux breuvage… Le tout baigné dans une lumière orangée. Derrière une vitre sur la gauche, un comptoir de tuffeau et de bois où des verres étincelaient sous les luminaires…les bouteilles étaient déjà débouchées. Le vin allait se raconter.

Un vin…

Il est si dur de juger une bouteille comme ça…sans autre outil de comparaison. Je faisais confiance à mon hôte qui me versa au fur et à mesure une gamme de rouge qui tendait en robe de la légèreté de la flanelle à la soie insondable couleur rubis. Je me dis que j’avais trouvé là mon sujet… Cette dernière robe si charpentée. Elle me nomma ce vin Picasses. C’était un 2009. Elle me le décrivit comme leur vin le plus aboutie. Un vin que la famille produit depuis des décennies maintenant. Preuve en était faite de ce choix de millésime qui s’offrait à moi. Du 2009, du 2006…je pouvais ainsi remonter jusqu’à 2002. 10 ans déjà et honnêtement, quel beau liquide.

Elle m’assura en avoir pour sa part de plus vieux encore. Me concentrant ici sur le 2009, je regrette de ne pouvoir vous parler du 2002…de ce corps qui plus que charnu était charpenté. Si bien équilibré, avec ses fermes tanins qui nous tenterait à le conserver encore et encore et cette envie de boire un vin déjà fait et abouti. Elle me confia alors que leurs vins peuvent se garder 15 ans, minimum. J’avais fini mon tour des millésimes et me concentrait sur le 2009. Une belle longévité attendait ce vin. Il ne me semblait pas moins abouti que ses grands frères. Au contraire, goûtais-je là, l’enfant prodige et charnu, jus de génie d’une année si belle.

Je n’avais pour lui que des éloges. Il m’enveloppait la bouche de ses tanins. De sa puissance. Il faut aimer les vins robustes qui fouettent et assomment de leur noble supériorité notre palais. Dans la lueur des candélabres, on se plait entre chaque gorgée à le contempler. La transparence est faible, la robe rubis bien affirmée. On ne perçoit rien d’autre qu’une envie de re-goûter à sa puissance ; de sentir ce parterre de fruits rouges. De croquer le fruit noir. C’est sûr, c’est un vin issu d’une terre calcaire. Vendangé à la main, il grandit longtemps dans le ventre du foudre (pendant 15 mois environ). Rabelais vantait les mérites d’une longue grossesse. Gargantua naquit après 11 mois de gestation. Ce vin là est un vin de la Rabelaisie à n’en pas douter.

Un tout…

On continue car le domaine est prolixe en produits, de petits millésimes gardés à la discrétion de ces moments de dégustations privilégiés. On retourne un coup vers le col de notre verre et on ingurgite encore du souvenir rouge, rosé…brume de l’esprit, on s’imagine attablé au moment du faisan ou du bœuf rôti en jus de viande en train de déboucher cette bouteille de 2009 pour ses amis fines goules.

On peut parler accompagnement bien sûr. La viande rouge, le porc à la broche. Voila une belle base. Il faut un jus. Une sauce chasseur ou bien un jus de vin aux saveurs provençales, au nez d’herbes de Provence, de thyms. Les champignons de saison bien sûr rissolent sans ail, cela gâcherait le goût. Tout au plus un peu de beurre et de sel dans la cassolette… et un fagot aux trois légumes ; haricots, pomme de terre et poivrons, histoire d’exprimer un peu plus encore les tanins….en tout cas le repas est là, dans la tête. Il ressemble à un banquet…alors l’achat se fait en connaissance de tablée.

Les caisses s’empilent dans le coffre de l’auto. Un dernier moment au milieu de ce tuffeau et de ce stock que l’on voudrait posséder en totalité, rien que pour nous, notre secret. Bien entendu la belle dame sur le perron de sa porte bleu sait se montrer généreuse en remerciement. Elle nous invite à revenir dès que l’envie nous en prend. Pas la peine de le dire deux fois. On y reviendra boire au foudre du pays de Gargantua.

Au mois prochain messieurs. Entre temps, bonne dégustation !

Vincent BOILEAU

Infos : Olga Raffault – Les Picasses 2009 : 12 euros   – www.olga-raffault.com

le vin du mois olga raffault la carte

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