SELVEDGE, LE PRINCE DES JEANS

comment choisir jean homme

Un vendredi au bureau à Paris, derrière le comptoir d’un bar de Williston, dans un salon du Bristol ou à la table d’un Routier … On croise le jean absolument partout et on a tous au moins un jean dans son armoire.

Un beau succès pour un pantalon taillé au départ dans une toile de tente ! Malgré cela, on ne connaît que rarement les secrets qui font la différence entre un jean standard et un très bon jean pour homme. Mais ça, c’était avant la sortie de mon dossier dédié au jean. Passons en revue les attributs de ce pantalon indispensable et iconique !

1 – Bien choisir le tissu avant tout

Si l’histoire retient le nom de Lévi Strauss comme créateur du jean, c’est pourtant un tailleur appelé Jacob Davis qui a su avant les autres exploiter les qualités du tissu « jean » pour fabriquer des pantalons.

Pour comprendre le jean, il faut d’abord détailler ses éléments constitutifs. Pour commencer, le tissu est un entrecroisement de fils de chaîne (fil bleu) et de fils de trame (fil blanc). Les fils de chaîne sont ceux qui sont tendus sur le métier à tisser et entre lesquels on vient entrecroiser les fils de trame. Cet entrecroisement permet de créer une « armure », qui désigne ici la manière dont les fils s’entrecroisent, et il existe plusieurs types d’armures.

La « serge », est l’une des trois armures qui existent en matière de tissage (avec la toile et le satin), et regroupe l’ensemble des textiles élaborés selon cette méthode de tissage (denim, gabardine, etc).

Astuce : Pour identifier le serge de coton, vous devez retrouver la présence de côtes obliques sur l’endroit du tissu (on voit bien la trame du tissu) et un tissu uni sur l’envers (on distingue moins bien la trame du tissu).

2 – Un tissu qui donne son nom à un vêtement

On sait que le « jean » désigne à la fois un textile et un pantalon et on entend parfois certains confondre « un jean » avec un pantalon chino par le seul fait qu’ils se ressemblent. Il est vrai que les différences – outre les poches – sont subtiles !

Il est donc normal d’entendre cet abus de langage entre le jean et le chino au regard de la popularité du jean et puisqu’ils sont tout deux tissés de la même manière.

Vous reconnaîtrez donc le denim par sa confection faite exclusivement de fils coton bleu indigo et blanc (ou écru) tissé très serrée et entrelacés les uns aux autres selon un angle de 90 degrés.

Voilà pourquoi il se dessine sur vos cuisses de belles lignes diagonales caractéristiques du « serge ». Même si le jean original est bleu, on voit aujourd’hui des jeans de toutes les couleurs. Mais dans ma penderie vous ne trouverez qu’un jean bleu, c’est beaucoup plus facile à porter. Oui un seul, je préfère les chinos !

choisir jean selvedge homme

Image : jean via Shutterstock

3 – Les différents types de serge de denim

Au fur et à mesure de l’évolution du jean, plusieurs méthodes de tissage ont été mises au point. Il existe aujourd’hui trois types de serge de denim (pour ceux au fond de la classe qui ne suivent pas c’est le tissu du jean ! ), qui varient selon le sens du tissu.

Ainsi, le tissu du jean peut être « droitier», « gaucher » ou « broken ». Mais comment les reconnaitre et surtout comment choisir ?

  • Le gaucher (ou « croisé gauche » ou « left-hand twill » en anglais) se reconnaît par les lignes qui se forment sur le tissu et qui partent du coin supérieur gauche vers le coin inférieur droit. Cette méthode de tissage vous donnera un jean plus souple et doux que le tissu droitier. (A ce stade de l’article, vous en savez déjà plus que la majorité des vendeurs !!)
  • Le droitier (ou « croisé de droite » ou « croisé de Z » ou « right hand twill » en anglais), se reconnaît par ces mêmes lignes, qui partent du coin supérieur droit vers le coin inférieur gauche (inverse du gaucher). Cette méthode de tissage donne une serge de coton rigide avec plus de tenue, qui est appréciée pour sa résistance. De fait, les jeans sont confectionnés en majorité, avec des tissus droitiers et notamment chez Levi’s.
  • Enfin, le dernier type de tissu est celui dit « Broken » (« broken twil »). Cette méthode de tissage associe les deux techniques de tissage précédentes (droite/gauche), afin d’obtenir une serge de denim sans orientation distincte reconnaissable au zigzag qui se dessine dans la trame. Le but étant d’éviter la torsion qui existe chez les tissus droitiers ou gauchers.

En effet, la torsion est un problème car de droite ou de gauche, la serge de jean à tendance à se tordre naturellement dans le sens de son armure, et les coutures se décalent dans un mouvement de spiral.

Vous avez du remarquer qu’avec le temps, vos jeans n’ont plus les coutures parfaitement parallèles comme à l’achat. Pour ceux qui n’aimeraient pas le côté vivant de cette torsion, vous pouvez opter pour un tissu « broken twill » qui, n’ayant de sens de couture, ne se tord pas. Mais c’est quand même plus sympa quand c’est vivant !

jean droitier gaucher tissage

4 – L’importance du fil

La serge de coton est avant tout constituée de – suspens – fils de coton. Etonnant ! Il existe deux catégories de fil pour tisser un jean (on utilise l’une ou l’autre, mais pas les deux en même temps !).

Comme pour les chemises, la qualité du tissu final dépendra du choix du fil. Commençons par le meilleur avant de brûler le second !

  • Le meilleur des deux fils est celui dit « torsadé », ou « tourné » ou « Ring-Spun Denim » en anglais (car il a été inventé aux USA en 1828). Ce fil a pour particularité d’être composé d’une torsade de 3 fils eux même torsadés. Petite explication si cela vous tente de filer votre propre coton à la maison !
    • Pour créer un fil dit « tourné », il vous faut d’abord planter un champ de coton, attendre que ca pousse et récolter le coton (Bon courage ! ).
    • Ensuite, vous devez créer un fil très fin composé de fibres de coton qui sont torsadées entres elles autour d’un axe. Vous obtenez donc un premier fil fin déjà très solide après avoir perdu un doigt et toute votre énergie. Puis, prenez 3 fils de ce type et torsadez-les entre eux autour d’un même axe pour obtenir un seul fil encore plus résistant. Au final, le fil tire sa résistance de cette multitude de torsions qui lient solidement les fibres de coton entre elles. En fait, c’est comme du fil « double retors » pour le tissu de chemise , mais avec un fil supplémentaire et beaucoup plus épais.
  • Le second type de fil est appelé « fil soudé », et le processus de fabrication est bien plus simple puisqu’il consiste à torsader des fibres de coton entre elles pour obtenir un fil. Vous comprendrez que ce fil est bien moins résistant qu’un fil torsadé 2 fois ! Moins cher à produire car plus rapide à confectionner et moins gourmand en coton, ce fil est malheureusement devenu depuis les années 70 le standard de l’industrie du jean. Dommage pour nous !

Mais comme les bonnes habitudes reviennent comme les beaux jours du printemps, on voit enfin réapparaître ces fils torsadés (ring-spun) chez de nombreuses marques.

Attention, on ne parle pas d’un délire de puriste rétrograde ni de trouble obsessionnel. En effet, le denim fabriqué avec ce type de fil est à la fois plus doux, plus résistant et plus beau en vieillissant que les autres tissus. Un vrai gage de qualité !

5 – Un point de chainette très attachant

Puisque vous avez l’air d’apprécier la couture – et nous aussi d’ailleurs – parlons d’un détail qui cristallise l’attention des « puristes » : la couture en point de chainette.

Cette couture spécifique (ou de « point ») se trouve communément sur l’ourlet des jeans de qualité, voire même sur d’autres endroits avec un peu de chance. Ce point est apprécié – et défendu comme Troie en son temps – par les « puristes du jean » pour son côté authentique. Car bien qu’il soit plus compliqué à réaliser et plus résistant qu’un point noué classique, il est malgré tout plus facile à défaire une fois qu’il a le moindre accro.

Mais connaissant l’importance de ce point pour les « puristes », cela sera dur de se faire entendre !

point de chainette jean homme

Un problème subsiste toutefois car un pantalon est – en général – rarement à la bonne longueur au moment de l’achat. Il est donc courant, et vivement recommandé – voire obligatoire ! – de faire retoucher l’ourlet pour ne pas finir avec l’accordéon d’Yvette Horner aux chevilles.

Seulement, les connaisseurs ne jurent que par le fameux point de chaînette, et peu – ou quasiment pas – de retoucheurs peuvent le reproduire. Quand bien même ils le pourraient, beaucoup vous diront qu’ils ne font pas ce point pour différentes raisons.

Heureusement, non loin de Paris, le magasin Repair Jeans refait le point de chaînette avec une authentique machine à coudre Union Special.

C’est une adresse indispensable pour ceux qui veulent retrouver ce point sur leurs ourlets. Pas de soucis si vous n’habitez pas paris, le magasin accepte de travailler par correspondance.

J’en profite pour faire un « big-up » à nos lecteurs partout en France et dans le monde. Merci à tous !

 Le poids, un bon indicateur pour le choix d’un jean

Le poids est fréquemment utilisé comme unité de mesure pour les tissus. Il est courant de se référer au poids pour juger si un tissu de costume est un tissu d’hiver ou d’été.

Pour le jean, l’Oz. – on dit « ounce », rien à voir avec le magicien – est l’unité de poids anglo-saxonne utilisée (1 oz = environ 28,4 g). Pour déterminer ce poids, c’est très simple, on découpe 1m² de tissu et on le pèse. On obtiendra une valeur qui donnera le poids du tissu (Ex : 10oz = 284gr).

Le dénominateur de poids donne une très bonne indication sur l’épaisseur du tissu, car plus il est lourd pour 1m² constant plus il est épais (même les moins bons en maths devraient comprendre).

À l’origine, le poids de la serge de denim utilisée pour confectionner les jeans était situé entre 9 et 10 Oz. (très léger), puis il a petit à petit pris du poids pour aujourd’hui atteindre entre 13,5 ou 14 Oz. pour la majorité des jeans.

Pour décider quel tissu choisir, on peut classer les jeans en 3 catégories de poids :

  • Légers : poids inférieur ou égal à 12 Oz.
  • Moyens : poids entre 12 Oz. et 16 Oz.
  • Lourds : poids au-dessus de 16 Oz.

1. Le jean léger : poids inférieur ou égal à 12 Oz

Très bon jean pour l’été, souvent utilisé pour les jeans femme. Il s’use très rapidement et devient très vite agréable à porter, contrairement aux tissus plus lourds qui mettent davantage de temps à s’assouplir. Néanmoins, ce type de jean vieillira mal et pourra se trouer très rapidement. On le déconseille aux motards et aux baroudeurs, il ne fera pas un mois ! Ça ne fait pas un pli !

2. Le jean moyen : entre 12 Oz. et 16 Oz

Le tissu le plus couramment utilisé pour la confection de jeans. C’est un tissu relativement rigide au départ qui s’assouplit toutefois assez rapidement après quelques ports. Agréable à porter à toutes les saisons, bien qu’un peu chaud en été, c’est le tissu le plus facile à trouver. On est dans la moyenne, un tissu fait pour tous !

3. Le jean lourd : au-dessus de 16 Oz

On peut considérer comme « lourds » les jeans coupés dans un tissu qui pèse plus de 16 Oz. Ces tissus ont une vraie rigidité à l’achat et nécessiterons de nombreux ports – et un peu de souffrance – pour s’assouplir.

Je déconseille de choisir ces jeans pour l’été, ils peuvent vite devenir désagréables à porter. Au final, ces jeans seront très résistants – voire même réellement increvables pour les mieux conçus – et s’embelliront avec le temps.

Sachant que 16/20 Oz. c’est déjà lourd, je vous laisse imaginer porter le 32 Oz. de Naked & Famous – connu comme le jean le plus lourd du monde – et qui pèse donc 908,8 grammes au m² !

naked and famous 32oz jean le plus resistant lourd du monde slevedge denim

 Naked & Famous 32 Oz. Il tient debout !

Soyez exigeant, choisissez un jean « selvedge »

7 – L’histoire du selvedge

C’est presque devenu un mot à la mode ! Popularisé par les blogs et repris par les marques (choix marketing pour certaines et vrai label qualitatif pour d’autres), le « selvedge » est une méthode traditionnelle de tissage qui mérite d’être décryptée afin de comprendre quels sont les vraies raisons d’acheter un jean selvedge.

Le jean « selvedge », parfois appelé « Selfedge » ou « Selvege » est la contraction de l’anglais « Self Edge », raccourci de « Self-finished edge », qui signifie en français « bord fini ».

Ouf ! Cette définition – qui n’en finissait pas – s’explique par le fait que la finition caractéristique d’un tissu selvedge est son bord renforcé qui vise à éviter que le tissu ne s’effiloche – très pratique !

jean selvedge homme bande rouge - flickr cc - direz

Le liseré rouge du jean selvedge | © Direz

L’histoire derrière le liseré des jeans selvedge remonte à la fin du XIXème siècle. Elle commence dans des entrepôts poussiéreux avec les vieux métiers à tisser qui étaient capable de produire un tissu lourd et résistant à la trame serrée – le futur « selvedge » – mais qui ne permettait de le produire qu’en bandes longues et très étroites (à cause des métiers à tisser. De bonnes infos > ici sur ce sujet).

Pour le reste, on peut retenir plusieurs histoires, c’est un peu selon celui qui la raconte, mais pour résumer, le liseré du jean selvedge vient du fait que bandes de tissu étaient tellement étroites que toute la largeur du tissu devait être exploitée, et il fallait par conséquent renforcer le bord du tissu par une couture de couleur, exécuté grâce à des machines venant d’Europe.

Les 6 principaux constructeurs européens sont Dornier (Allemagne), Sulzer-Ruti (Suisse), Saurer-Diederich (France), Picanol (Belgique), Vamatex (Italie), Nuovo Pignone (Italie). D’une utilité première, le liseré de couleur est finalement devenu moyen d’identification pour les marques,  par exemple le rouge chez Levi’s, le jaune chez Lee et le vert chez Wrangler.

Après avoir vécu de belles et douces heures de gloire, le selvedge avait été lâchement abandonné plus tard par les grandes usines en raison du coût de fabrication et des contraintes inhérentes à ce tissage.

Heureusement, le selvedge fut repris et copié par les tisserands japonais – sur des machines récupérées aux USA (bien joué les gars) – chez qui il a connu un retour en force dans les années 80, les japonais ayant trouvé dans ce denim un tissu beau et résistant.

Il signe aujourd’hui un retour remarqué même chez les marques grand public et les tisserands japonais sont restés à la pointe des techniques de tissage – comme j’ai pu le voir au dernier salon « première vision ».

8 – Avantage du selvedge

Le principal avantage du selvedge – outre ce charmant petit liséré – est la manière dont le jean vieillira. Le selvedge est vu par les puristes comme un tissu vivant, dont l’indigo vieilli dessine des reflets uniques.

Le tissage étant plus serré et dense, vous aurez un jean au toucher plutôt rigide qui vieillira bien dans le temps en s’assouplissant progressivement. C’est la perfection en termes de tissu pour un denim. L’amateur éclairé appréciera même les petits défauts laissés sur la serge par les anciens métiers à tisser !

9 – Ne vous laissez pas séduire trop vite par le selvedge

Si le liséré de finition du jean selvedge est l’identifiant de ce type de toile, il n’est pas pour autant un gage de qualité. Le point le plus important pour obtenir un jean pour homme de qualité est la serge de coton dans laquelle il est conçu. Et justement, le selvedge définit logiquement une serge dont la finition est renforcée.

Néanmoins, il ne faut pas tomber dans le piège en choisissant trop rapidement son jean. Il faut prendre le temps d’analyser les autres caractéristiques du jean (poids du tissu, tissage, type de fil). Ne vous laissez pas abuser par un jean qui aurait un liseré factice et qui serait fait d’une toile non selvedge.

Choisissez votre jean comme une pièce importante de votre garde-robe – comme une bonne bouteille de vin – avec laquelle vous pourrez évoluer et que vous laisserez vieillir.

10 – Ne pas confondre « selvedge » et « jean brut »

La confusion entre jean brut et selvedge est possible car les jeans selvedge sont souvent vendus bruts pour qu’ils se patinent avec le temps et les lavages.

Un jean brut n’est pas forcément selvedge, c’est simplement un jean dont la serge de coton n’a pas subie de patine artificielle pour lui donner un aspect vieilli. Le sergé selvedge étant plus « noble », il serait dommage de lui faire subir un tel traitement !

11 – Deux détails importants : sanforisage et délavage

a – Le sanforisage du jean

Derrière ce terme barbare, se cache un processus physique qui – associé à la chaleur – est employé afin de prérétrécir la toile de coton qui servira à la construction du jean.

Breveté par Sanford Lockwood Cluett en 1930, ce traitement permet de réduire le rétrécissement lié au lavage du jean et ce, avant toute opération de découpage ou de couture.

Quand un denim « non sanforisé » va rétrécir en général de 7 à 10% au lavage – ce qui va vous faire perdre environ une taille – un jean sanforisé ne devrait perdre que 3% environ (quasiment rien).

Pour savoir si votre jean a été « sanforisé », vous pouvez demander au vendeur (s’il ne connaît pas le mot, n’insistez pas, on ne peut pas lui en vouloir) ou lire l’étiquette.

Le principal avantage du sanforisage est qu’il permettra au jean de garder une taille constante au cours de son utilisation, mais en contrepartie ce jean sera moins vivant et ne prendra pas votre silhouette aussi bien qu’un jean « non sanforisé ».

En effet, le jean « non sanforisé » est plus susceptible de s’adapter à vous car c’est un jean plus instable et vivant. Vous avez toutes les clefs, à vous de faire un choix.

non sanforisé jean selvedge - flickr cc - direz - real mccoy

Un jean non sanforisé rétrécira au lavage| © Direz

b – Délavage / vieillissement artificiel

[sociallocker]C’est le processus physique qui va donner à votre jean une patine alors même que vous ne l’avez jamais porté. Il est en quelque sorte « pré-abimé » ! Ce qui est quand même dommage quand vous achetez un vêtement neuf. Ce n’est pas le genre de modèle que je vous recommande, question d’éthique et de style ! [/sociallocker]


Voilà, c’est fini pour aujourd’hui ! Vous en savez déjà beaucoup pour un client normal et vous faites partie d’une petite minorité d’hommes qui vont pouvoir acheter leur jean en sachant exactement dans quel produit ils dépensent leur argent.

Mais comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, voici la seconde partie de cet article : comment choisir son jean et comment le laver et bien l’entretenir  ?

A très bientôt,

Arnaud

Pour patienter jusqu’au nouvel article
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Arnaud
Fondateur de Verygoodlord etGiotho.com, j'aime les voyages et les lunettes rondes. Passionné de photographie et d'élégance, je distille sans relâche mes conseils et coups de coeur.

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